Origine et histoire du Château de Blancey
Le château de Blancey, situé à l'extrémité ouest du village de Blancey en Côte-d'Or, occupe un site ancien et présente une construction du XVIIIe siècle appuyée sur des bases antérieures du XVIe siècle. Si l'édifice dans ses formes actuelles n'est pas documenté avant l'époque moderne, la seigneurie et le site sont attestés dès le IXe siècle : le 16 juin 866 Charles le Chauve ratifie le don d'une église à Blancey par Alard, abbé de Saint‑Symphorien. La grange devant le château remonte au premier tiers du XVe siècle. En 1461 la forteresse appartient au cardinal d'Ostun et passe le 16 mars 1488 à Guillaume Buret de Saizerey. Le terrier de 1616, établi pour Étienne Dareau, décrit le château avec plusieurs chambres, remises, caves et grenier, trois tours dont l'une avec chapelle, ainsi que cours, jardins, vergers, fossés, terrasses, allées, une grange importante et deux étables. L'édifice conserve des vestiges d'une maison forte de la fin du Moyen Âge : le mur du portail garde la trace d'un ouvrage d'entrée pour un pont‑levis et trois tours circulaires flanquent les bâtiments, dont au moins deux présentent des éléments défensifs. Au‑dessus du portail se trouve un bas‑relief portant le millésime 1584, probablement en remploi ; le petit corps adossé à la tour nord et l'aménagement d'une chapelle dans cette tour pourraient correspondre à cette date. Le logis actuel paraît dater de la première moitié du XVIIe siècle, tandis que le bâtiment des communs et le portail isolé relèvent du XVIIIe siècle. Le château comprend un corps de bâtiment flanqué d'une tour demi‑hors‑œuvre et des dépendances encadrées de deux tours circulaires, les deux parties étant reliées par un mur d'enceinte percé d'un portail en arc avec rainures pour les flèches d'un pont‑levis et surmonté d'une bretèche percée de trois archères‑canonnières. D'autres archères se rencontrent sur la tour du logis et sur la tour située à droite du portail, laquelle abrite au premier étage une chapelle voûtée en berceau accessible par un escalier en vis. L'étage de comble est éclairé par des lucarnes à fronton triangulaire ; le bâtiment des dépendances présente des ouvertures symétriques, notamment deux portes centrales en anse de panier surmontées d'un oculus ovale, et, comme le logis, un toit brisé à croupes. À l'origine, un portail à piliers de pierre muni d'une grille et d'un fronton en fer forgé donnait accès à la cour au sud‑ouest ; il est aujourd'hui isolé. Au rez‑de‑chaussée du logis se trouvent une salle basse carrée avec cheminée, une chambre voûtée d'arêtes occupant le rez‑de‑chaussée de la tour et une cuisine voûtée ; les deux étages supérieurs, accessibles par un escalier tournant à quatre noyaux, offrent des pièces d'habitation avec plafonds à solives apparentes. Le château et ses dépendances, ainsi que la grille du parc et la porte d'entrée datées du XVIIIe siècle, sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 28 décembre 1988.