Origine et histoire du Château de Blanquefort-sur-Briolance
Le château de Blanquefort-sur-Briolance, situé en Lot-et-Garonne à la frontière du Périgord et de l'Agenais, apparaît dans les textes dès le XIIIe siècle. Avant 1249, il est au cœur d'un conflit entre Gaucerand de Blanquefort, milites du château, et Huc Ier de Pujols, accusé de son meurtre par le comte de Toulouse Raymond VII. Ce dernier confisque alors la seigneurie. En 1271, le château est mentionné sans nommer son seigneur, mais une enquête de 1287 révèle qu'il appartient à Huc II de Pujols, fils de Huc Ier, et à Bertrand de Fumel, co-seigneurs. Huc II, marié à Antea de Fumel, hérite de la totalité du castrum, autrefois détenu par Guillaume-Esclamar ou Esquieu de Fumel.
Au XIVe siècle, Huc de Pujols, seigneur de Blanquefort et capitaine du château de Sauveterre-la-Lémance, joue un rôle politique en soutenant le roi de France en Agenais. Après le traité de Brétigny (1360), les Pujols s'installent dans le Rouergue et adoptent le nom de Roquefeuil par alliance. En 1463, Gaston de Gontaud, seigneur de Biron, réside à Blanquefort. À partir de 1477, Bérenger de Roquefeuil, proche de Louis XI, restaure le château abandonné depuis un siècle et lance la construction du château de Bonaguil. Le site, initialement composé d'un donjon et d'une tour carrée au XIIIe siècle, est réaménagé avec une tour ronde et des bâtiments sud à la fin du XVe siècle.
Au XVIIe siècle, une aile nord est ajoutée pour transformer le château en résidence. En 1880, il devient propriété communale et abrite l'école des garçons et la mairie jusqu'en 1960. Vendu à des particuliers, il est inscrit aux monuments historiques en 2008. Les fouilles archéologiques ont révélé deux parties distinctes au XIIIe siècle : le donjon des Pujols et la tour des Fumel, réunies après 1287. La grosse tour ronde, construite à la fin du XVe siècle par Bérenger de Roquefeuil, témoigne des modifications tardives.
Le château occupe un éperon barré dominant la Briolance. Ses éléments médiévaux (donjon, porterie, tours des XIIe-XIIIe siècles) coexistent avec des aménagements classiques. La porterie et le logis, datés de la fin du XIIIe siècle, ont été agrandis au XVe siècle par les mêmes artisans que ceux de Bonaguil. L'ensemble, partiellement détruit, conserve des murs de soutènement médiévaux et modernes, ainsi qu'un fossé d'accès creusé dans le rocher.