Origine et histoire du Château de Blossac
Le château de Blossac, situé à Goven en Ille-et-Vilaine, trouve ses origines sur des terres appartenant au XIIe siècle au Seigneur de Bélozac, dont le nom, déformé par l’usage, a marqué le lieu. Le suffixe -ac de Blossac évoque une ascendance gallo-romaine, typique de la toponymie bretonne. Le domaine, à la confluence du Meu et de la Vilaine, forme une île grâce à un canal reliant ces cours d’eau, un site stratégique et pittoresque souvent sujet aux inondations, comme en témoignent des récits du XXe siècle décrivant le château « entouré par les eaux » lors de crues majeures.
Le château actuel fut érigé par Louis de La Bourdonnaye, seigneur de Coëtion et conseiller au Parlement de Bretagne, après son acquisition de la terre en 1671. Il remplaça un manoir du XVe siècle, dont subsiste une tourelle. Au XVIIIe siècle, d’importants travaux agrandirent le domaine : construction de la chapelle (bénie en 1769) et d’une aile attenante, ainsi que la porte centrale de la façade orientale, datée de 1760. L’architecture, typique de l’époque, combine un bâtiment central à quatre travées, deux pavillons saillants et des ailes latérales délimitant une cour d’honneur. Une particularité réside dans ses deux tours creuses et ses lambris de bibliothèque, issus de l’hôtel Julien à Paris.
Propriété de la famille La Bourdonnaye jusqu’au XIXe siècle, le château passa ensuite à leurs descendants, les Gosset de La Rousserie, par alliance féminine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut occupé successivement par les troupes allemandes, américaines et françaises. Classé monument historique en 1957 pour ses façades et toitures, son domaine (parc, communs, allées) fut protégé en 2019. En janvier 2025, une inondation détruisit une partie de ses intérieurs, rappelant sa vulnérabilité face aux caprices des rivières voisines.
L’ensemble architectural, photographié entre 1900 et 1920 par Gustave William Lemaire, illustre l’évolution d’une demeure seigneuriale en un lieu chargé d’histoire, mêlant héritage médiéval (la tourelle du XVe siècle), classicisme des XVIIe–XVIIIe siècles, et traces des conflits modernes. Son parc et sa localisation fluviale en font un site emblématique du patrimoine breton, encore habité par les héritiers de ses premiers propriétaires.