Origine et histoire
Le château de Bois-Briand, situé à Nantes dans le quartier Doulon-Bottière, est un ensemble architectural dont les origines remontent au Moyen Âge. Fondé au XIVe siècle, il a conservé intactes ses structures médiévales, malgré des ajouts ultérieurs comme des jardins et des édifices des XVIIe et XVIIIe siècles. Son nom, initialement « Bois-Briant » ou « Bois-Brient », évoque un bois exposé au sud, brillant sous le soleil, une orthographe attestée jusqu’au début du XXe siècle. Le domaine, situé sur la rive droite de l’Aubinière, un affluent de la Loire, a longtemps marqué la limite entre Nantes et Sainte-Luce-sur-Loire, avant l’annexion de Doulon à Nantes en 1908.
Au fil des siècles, le château a été occupé par des familles variées, dont des immigrants irlandais, des financiers de la Révolution américaine, des corsaires, et des planteurs antillais. Son architecture composite reflète ces influences : un manoir médiéval agrandi en maison de plaisance au XVIIe siècle, une ferme, une orangerie du XVIIIe, et un miroir d’eau de 100 mètres de long, inspiré des jardins de Le Nôtre. Le domaine inclut aussi un mail de tilleuls, un bois, et des vestiges de vignes exploitées jusqu’au XIXe siècle. Les registres paroissiaux de Sainte-Luce-sur-Loire, plutôt que ceux de Doulon, fournissent la plupart des archives sur ses occupants.
Le château a connu des propriétaires notables, comme les Le Meneust des Treilles, présidents à la Chambre des Comptes de Bretagne, ou Laure Gaigneron de Marolles, une harpiste américaine dont la famille avait soutenu l’indépendance des États-Unis. Au XIXe siècle, il passe entre les mains de corsaires comme Félix Cossin, puis des Chassiron, liés à la princesse Caroline Murat, nièce de Napoléon Bonaparte. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est occupé par des officiers allemands, avant d’être restauré et ouvert au public en 1997. Aujourd’hui, le domaine allie patrimoine historique, activités culturelles dans son orangerie, et jardins partagés avec les habitants.
Les éléments architecturaux les plus marquants incluent la tour-escalier médiévale, défendue par une statue du Diable et des graffitis de crucifixion, ainsi que des décors peints évoquant les plantations antillaises des propriétaires. La chapelle, consacrée en 1771, fut transformée en écurie pendant la Révolution, puis en orangerie. Le miroir d’eau, entouré de théâtres de verdure, servait autrefois de lieu de spectacle et d’abreuvement pour les chevaux. Le mail de tilleuls, inspiré des jardins américains, offre une vue structurée par une grille médiévale encore visible depuis la cuisine du château.
Le château de Bois-Briand illustre aussi les liens entre la Bretagne et les colonies, avec des propriétaires comme les Le Meneust, impliqués dans la traite négrière via des alliances avec des armateurs nantais. Les archives mentionnent des biens à Saint-Domingue, des plantations en Martinique, et des réseaux familiaux entre la France, l’Irlande, et les Amériques. Après la Révolution, le domaine échappe à la destruction grâce à des ventes successives, avant d’être préservé comme patrimoine national. Depuis 1996, il est propriété de la famille Delalonde, qui en assure la restauration et l’ouverture au public.
Aujourd’hui, le château abrite des résidences d’artistes, des expositions, et des événements culturels dans son orangerie. Les jardins, partiellement reconstruits, rappellent le projet initial de 1694, tandis que le miroir d’eau et le mail de tilleuls restent des témoignages des aménagements paysagers des XVIIe et XVIIIe siècles. Le domaine est aussi un lieu de mémoire, avec des archives familiales et des objets rapportés des colonies, comme des laques japonaises ou des meubles créoles. Son histoire reflète ainsi les échanges culturels et économiques entre la Loire-Atlantique et le monde.