Patrimoine classé
Porte de la chapelle (cad. B 367, 368, 369) : classement par arrêté du 14 mars 1924 ; Restes du château, à l'exception des parties classées (cad. B 367, 368, 369) : inscription par arrêté du 24 février 1926 ; Tour (cad. B 367, 368, 369) : classement par arrêté du 22 juin 1931. Tous les éléments bâtis et les sols du château de Bois-Sire-Amé, à l'exception de la tour carrée sud-est, classée, qui abrite la chapelle, et tels que représentés sur le plan annexé à l'arrêté (cad. B 365, 366, 367, 368, 369, 371, 740, 796, 797, 798, 799, 800, 801, 802, 803, 804) : inscription par arrêté du 10 avril 2019
Personnages clés
| Jacquelin Trousseau - Seigneur et constructeur |
Bourgeois de Bourges, commanditaire du château. |
| Charles VI - Roi de France |
Autorise la construction en 1396. |
| Charles VII - Roi de France |
Réside fréquemment au château (1446–1456). |
| Agnès Sorel - Maîtresse royale (hypothèse) |
Associée au château par les historiens. |
| Jacques Cœur - Grand argentier du roi |
Beau-père de Trousseau, finance des travaux. |
| Jean-Baptiste Colbert - Ministre de Louis XIV |
Acquiert le château en 1682. |
Origine et histoire du Château de Bois Sir Âme
Le château de Bois-Sire-Amé, situé à Vorly dans le Cher, fut édifié entre la fin du XIVe et le début du XVe siècle par Jacquelin Trousseau, bourgeois enrichi par le commerce de draps à Bourges. Autorisé par Charles VI en 1396, ce « palais de campagne » reflétait l’ambition d’un officier de la cour ducale, proche des chantiers de Jean de Berry. Son toponyme, Boscus Domini Amelii, remonte à une motte féodale du XIe siècle attribuée à Ameil du Bois en 1220, elle-même mentionnée dès 1150 dans les actes de fondation de l’abbaye de Noirlac.
Le château devint une résidence prisée de Charles VII, qui y séjourna régulièrement à partir de 1446, y organisant fêtes et réceptions diplomatiques. Son épouse, Marie d’Anjou, résidait alors à Mehun-sur-Yèvre. Les historiens suggèrent que Charles VII y retrouvait sa maîtresse Agnès Sorel, bien que cette hypothèse soit contestée. Après la mort de Trousseau, le château accueillit en 1455 un banquet offert par Charles d’Anjou en l’honneur de ses maîtresses, avant d’être délaissé vers 1456, peut-être en lien avec la disgrâce de Jacques Cœur.
Architecturalement, le château combinait un corps de logis flanqué de tours rondes et une tour carrée crénelée, le tout ceint de fossés. La chapelle, située dans la tour sud-est, conserve des fresques gothiques (Couronnement de la Vierge, Jugement dernier). Ruiné dès la Révolution, le site fut partiellement classé Monument Historique entre 1924 et 2019. Aujourd’hui, seuls subsistent des vestiges du logis et de l’enceinte, malgré des projets de préservation récents.
Le château changea plusieurs fois de mains : acquis en 1587 par André Tollet, puis en 1682 par Jean-Baptiste Colbert, il servit de carrière de pierre après la Révolution. François Ier y aurait séjourné en 1524, inspirant un quatrain associé à tort à Agnès Sorel. Les fresques de la chapelle, voûtée sur croisée d’ogives, et les latrines en encorbellement témoignent de son luxe passé, annonciateur des châteaux Renaissance.
Les protections successives (classement de la porte de chapelle en 1924, inscription des ruines en 1926, classement de la tour en 1931, et inscription globale en 2019) soulignent son importance patrimoniale. Pourtant, l’absence de restauration majeure menace sa conservation, malgré l’intérêt des collectivités locales. Le site reste un témoignage clé de l’architecture seigneuriale tardive en Berry, entre forteresse médiévale et résidence de plaisance.