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Château de Boissy-le-Sec dans l'Essonne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Boissy-le-Sec

  • 10 Grande-Rue
  • 91870 Boissy-le-Sec
Château de Boissy-le-Sec
Château de Boissy-le-Sec
Château de Boissy-le-Sec
Château de Boissy-le-Sec
Château de Boissy-le-Sec
Château de Boissy-le-Sec
Château de Boissy-le-Sec
Crédit photo : Lionel Allorge - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
91870 Boissy-le-Sec, 10 Grande-Rue

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1339
Construction supposée du château fort
1349
Premier acte attestant Jean Paviot
1358
Prise du château par les Anglais
1360
Mention dans le traité de Brétigny
XVe siècle
Transformation en demeure de plaisance
1697
Rachat par les Boyetet de Mérouville
1794
Guillotinage de Guillaume Couturier
2006
Ravalement révélant les encadrements gothiques
1984 et 2007
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La salle voûtée et les caves qui en dépendent (cad. AE 139) : inscription par arrêté du 21 décembre 1984 - Les façades et les toitures, ainsi que l'escalier monumental avec sa rampe (cad. AE 480) : inscription par arrêté du 5 décembre 2007

Personnages clés

Jean Paviot - Chevalier banneret et seigneur Constructeur présumé du château en 1339.
Philippe VI de Valois - Roi de France Commanditaire supposé des défenses locales.
Charles Boyetet de Mérouville - Nouveau seigneur en 1697 Famille anoblie conservant le domaine.
Guillaume Couturier - Propriétaire sous la Révolution Fermier général guillotiné en 1794.
Jean-Baptiste Bourgeon - Maire et restaurateur du parc Transforme le jardin en parc paysager.

Origine et histoire du Château de Boissy-le-Sec

Le château de Boissy-le-Sec trouve ses origines en 1339, selon une tradition locale, lorsque Jean Paviot, chevalier banneret de Philippe VI de Valois, aurait érigé une forteresse pour renforcer les défenses autour de Paris face aux menaces anglaises pendant la guerre de Cent Ans. Le site est mentionné en 1360 dans le traité de Brétigny comme l’une des places fortes cédées aux Anglais en gage de la rançon de Jean II. Les archives attestent cependant la seigneurie de Jean Paviot seulement à partir de 1349, via un acte d’hommage à la duchesse d’Alençon. Le château, pris par les Anglais vers 1358, conservait alors un rôle stratégique entre Étampes et Dourdan.

Au XVe siècle, les héritiers de Paviot transforment la forteresse en résidence de plaisance, ajoutant un corps de logis gothique flamboyant entre deux tours rondes et perçant de larges fenêtres à meneaux. Une aile sud, élargie et surélevée, intègre une galerie ouverte à arceaux, tandis que les encadrements de pierre sculptée des fenêtres sont partiellement masqués au XVIIIe siècle par des aplats de plâtre pour moderniser la façade. Ces modifications baroque, redécouvertes en 2006 lors d’un ravalement, révèlent les traces médiévales et entraînent une inscription supplémentaire aux monuments historiques.

La seigneurie passe en 1697 aux Boyetet de Mérouville, famille de négociants anoblis, qui la conservent jusqu’à la Révolution. Confisqué à Guillaume Couturier, fermier général guillotiné en 1794, le domaine est récupéré par sa veuve, qui l’apporte à Jean-Baptiste Bourgeon. Ce dernier, maire sous l’Empire, redessine le parc en style paysager et restaure l’église voisine en néo-classique. Le château, partiellement protégé dès 1984 (salle voûtée et caves) puis en 2007 (façades et toitures), mêle aujourd’hui des éléments médiévaux (tours cylindriques, salle basse ogivale) et des ajouts classiques.

L’architecture actuelle reflète trois campagnes majeures : le XIVe siècle (forteresse avec tours et salle voûtée), le XVIIe siècle (corps de logis entre les tours) et le XXe siècle (unification des façades par un crépi). La salle basse, dotée d’un pilier central supportant des ogives, pourrait dater de la fin du XIIIe siècle, tandis qu’une cave alvéolée témoignerait d’un logis seigneurial plus ancien, peut-être bâti sous Philippe Auguste. Les deux tours rondes encadrant la façade nord, dont l’une talutée servait de donjon, illustrent l’évolution d’une place forte en demeure aristocratique.

Les bâtiments agricoles, organisés autour d’une cour, datent en partie du XVIe siècle, époque où le « vieux chasteau » est mentionné avec son parc. Les transformations des XVIIIe et XIXe siècles (citerne, parc paysager) achèvent de donner au domaine son aspect actuel, alliant héritage médiéval et aménagements modernes. Les protections successives (1984, 2007) soulignent la valeur patrimoniale de ce site, témoin des mutations architecturales et politiques de l’Île-de-France.

Liens externes

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