Frise chronologique
IXe siècle
Premières fortifications
Premières fortifications
IXe siècle (≈ 950)
Construction contre les invasions vikings.
Début XVIe siècle
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
Début XVIe siècle (≈ 1604)
Robert de La Marthonie édifie le château actuel.
1659
Passage aux Pompadour
Passage aux Pompadour
1659 (≈ 1659)
Litige et vente à Marie de Pompadour.
XVIIe siècle
Transformation classique
Transformation classique
XVIIe siècle (≈ 1750)
Façade redessinée par les Esparbès de Lussan.
1770
Vente à Périer de Gurat
Vente à Périer de Gurat
1770 (≈ 1770)
Déclin du domaine avant la Révolution.
1792-1795
Destructions révolutionnaires
Destructions révolutionnaires
1792-1795 (≈ 1794)
Saccage et mutilations du château.
1974 et 1995
Classements Monument Historique
Classements Monument Historique
1974 et 1995 (≈ 1995)
Protection des ailes Renaissance et XVIIè.
Depuis 2007
Restauration en cours
Restauration en cours
Depuis 2007 (≈ 2007)
Travaux menés par la famille Delmond.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de l'aile Renaissance, ainsi que la cheminée du salon, de la salle à manger et de la chambre du premier étage (cad. A 350) : inscription par arrêté du 10 avril 1974. Les deux ailes constituant le château, à l'exclusion de la constuction début XXe siècle sise dans l'angle nord de l'aile XVIIe siècle (cad. A 349, 350, 352) : inscription par arrêté du 4 décembre 1995
Personnages clés
| Robert de La Marthonie (1470-1537) - Maître d’hôtel de François Ier |
Reconstructeur du château en style Renaissance. |
| Jeanne de Camblesac - Héritière de Bonnes |
Épouse de Robert de La Marthonie. |
| Marie de Pompadour - Marquise d’Aubeterre |
Propriétaire au XVIIe siècle après litige. |
| François II d’Esparbès de Lussan - Lieutenant-général et seigneur |
Transforma le château en style classique. |
| Pierre d’Esparbès de Lussan (1657-1748) - Comte de Bonne et militaire |
Combattit sous Louis XIV, blessé à Verrue. |
| Jean-Baptiste Périer de Gurat - Acquéreur bourgeois en 1770 |
Victime des persécutions révolutionnaires. |
Origine et histoire
Le château de Bonnes, situé dans le village éponyme en Charente (Nouvelle-Aquitaine), fut construit au début du XVIe siècle par Robert de La Marthonie, maître d’hôtel de François Ier, sur les fondations d’un château médiéval datant du IXe siècle. Ce dernier avait été érigé pour contrer les invasions vikings remontant la Dronne vers l’abbaye de Brantôme. La seigneurie de Bonnes, initialement possession des Lambert (XIIe siècle), passa aux La Roche (XIVe siècle) avant d’être reconstruite en style Renaissance par La Marthonie, qui y ajouta une galerie à arcades inspirée des châteaux de la Loire.
Au XVIIe siècle, le château fut remanié dans un style classique par la famille d’Esparbès de Lussan, héritière des Pompadour. François II d’Esparbès et son épouse Marie de Pompadour y firent créer des cheminées peintes symboliques, comme celles d’Hercule et de Caïn et Abel, reflétant leurs engagements pendant les guerres de Religion. Le château, lieu de résidence des seigneurs d’Aubeterre, déclina après 1770, vendus à la famille bourgeoise Périer de Gurat. Saccagé pendant la Révolution, il ne conserva qu’un tiers de ses pièces originales.
Les vestiges actuels incluent une aile Renaissance, une tour médiévale transformée en pavillon, et des éléments défensifs comme des meurtrières. Classé Monument Historique en 1974 et 1995, le château fait l’objet depuis 2007 d’une restauration ambitieuse par la famille Delmond, qui a réuni les trois parties dispersées du domaine. Les fresques du XVIe siècle et les décors classiques du XVIIe siècle témoignent de son prestige passé, entre influence royale et conflits religieux.
L’histoire du château est aussi marquée par son rôle stratégique : relié à l’église par une galerie (aujourd’hui disparue), il fut un enjeu entre protestants et catholiques pendant les guerres de Religion. Les Esparbès de Lussan, lieutenants-généraux des armées du roi, y laissèrent des traces artistiques et militaires, avant que les destructions révolutionnaires et les divisions du XIXe siècle n’en réduisent l’ampleur.
Aujourd’hui, le château de Bonnes se compose d’un logis Renaissance, d’une aile perpendiculaire, et d’une tour carrée. Les fresques mythologiques, les boiseries, et le plafond à solives du rez-de-chaussée rappellent son âge d’or, tandis que les moulins et fermes disparus évoquent son déclin économique à partir du XVIIIe siècle.