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Château de Bonnes en Charente

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château Médiéval et Renaissance

Château de Bonnes

    Le Bourg
    16390 Bonnes
Propriété privée
Château de Bonnes
Château de Bonnes
Château de Bonnes
Château de Bonnes
Crédit photo : Jack ma - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1600
1700
1800
1900
2000
IXe siècle
Premières fortifications
Début XVIe siècle
Reconstruction Renaissance
1659
Passage aux Pompadour
XVIIe siècle
Transformation classique
1770
Vente à Périer de Gurat
1792-1795
Destructions révolutionnaires
1974 et 1995
Classements Monument Historique
Depuis 2007
Restauration en cours
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures de l'aile Renaissance, ainsi que la cheminée du salon, de la salle à manger et de la chambre du premier étage (cad. A 350) : inscription par arrêté du 10 avril 1974. Les deux ailes constituant le château, à l'exclusion de la constuction début XXe siècle sise dans l'angle nord de l'aile XVIIe siècle (cad. A 349, 350, 352) : inscription par arrêté du 4 décembre 1995

Personnages clés

Robert de La Marthonie (1470-1537) - Maître d’hôtel de François Ier Reconstructeur du château en style Renaissance.
Jeanne de Camblesac - Héritière de Bonnes Épouse de Robert de La Marthonie.
Marie de Pompadour - Marquise d’Aubeterre Propriétaire au XVIIe siècle après litige.
François II d’Esparbès de Lussan - Lieutenant-général et seigneur Transforma le château en style classique.
Pierre d’Esparbès de Lussan (1657-1748) - Comte de Bonne et militaire Combattit sous Louis XIV, blessé à Verrue.
Jean-Baptiste Périer de Gurat - Acquéreur bourgeois en 1770 Victime des persécutions révolutionnaires.

Origine et histoire

Le château de Bonnes, situé dans le village éponyme en Charente (Nouvelle-Aquitaine), fut construit au début du XVIe siècle par Robert de La Marthonie, maître d’hôtel de François Ier, sur les fondations d’un château médiéval datant du IXe siècle. Ce dernier avait été érigé pour contrer les invasions vikings remontant la Dronne vers l’abbaye de Brantôme. La seigneurie de Bonnes, initialement possession des Lambert (XIIe siècle), passa aux La Roche (XIVe siècle) avant d’être reconstruite en style Renaissance par La Marthonie, qui y ajouta une galerie à arcades inspirée des châteaux de la Loire.

Au XVIIe siècle, le château fut remanié dans un style classique par la famille d’Esparbès de Lussan, héritière des Pompadour. François II d’Esparbès et son épouse Marie de Pompadour y firent créer des cheminées peintes symboliques, comme celles d’Hercule et de Caïn et Abel, reflétant leurs engagements pendant les guerres de Religion. Le château, lieu de résidence des seigneurs d’Aubeterre, déclina après 1770, vendus à la famille bourgeoise Périer de Gurat. Saccagé pendant la Révolution, il ne conserva qu’un tiers de ses pièces originales.

Les vestiges actuels incluent une aile Renaissance, une tour médiévale transformée en pavillon, et des éléments défensifs comme des meurtrières. Classé Monument Historique en 1974 et 1995, le château fait l’objet depuis 2007 d’une restauration ambitieuse par la famille Delmond, qui a réuni les trois parties dispersées du domaine. Les fresques du XVIe siècle et les décors classiques du XVIIe siècle témoignent de son prestige passé, entre influence royale et conflits religieux.

L’histoire du château est aussi marquée par son rôle stratégique : relié à l’église par une galerie (aujourd’hui disparue), il fut un enjeu entre protestants et catholiques pendant les guerres de Religion. Les Esparbès de Lussan, lieutenants-généraux des armées du roi, y laissèrent des traces artistiques et militaires, avant que les destructions révolutionnaires et les divisions du XIXe siècle n’en réduisent l’ampleur.

Aujourd’hui, le château de Bonnes se compose d’un logis Renaissance, d’une aile perpendiculaire, et d’une tour carrée. Les fresques mythologiques, les boiseries, et le plafond à solives du rez-de-chaussée rappellent son âge d’or, tandis que les moulins et fermes disparus évoquent son déclin économique à partir du XVIIIe siècle.

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