Origine et histoire
Le château de Bonneval, construit au XVIe siècle sur un promontoire rocheux surplombant le Tarn, appartenait initialement à la famille de Saint-Paul. Les naissances d'Abel (1582-1644) et Louis de Saint-Paul (1612-1647) y sont attestées. Entre 1692 et 1717, Jean de Saint-Paul et son épouse Marguerite de Villeneuve en sont les seigneurs. La propriété passe ensuite à la famille Sandral, qui la conserve jusqu’au XXe siècle.
En 1903, Auguste Sandral rachète le château à son frère, mais après la mort prématurée de son fils Justin en 1929, le domaine, déjà en mauvais état, devient le théâtre d’un drame. Dans la nuit du 30 au 31 mars 1931, la belle-mère de Clémentine Sandral, veuve et endettée, est assassinée. L’enquête révèle des incohérences dans son témoignage (absence de traces de lutte, heure du décès antérieure à 21h), menant à sa condamnation pour meurtre en 1931.
Incendié en 1940, le château n’est plus aujourd’hui qu’une ruine sans toiture, mais ses murs et sa tour centrale, noyés dans la végétation, témoignent encore de son passé. L’affaire criminelle, connue sous le nom d’affaire du château de Bonneval, a marqué l’histoire locale par son retentissement dans l’Albigeois. L’architecture, typique des demeures seigneuriales du XVIe siècle, comprend un corps de logis carré flanqué d’une tour ronde, dominant un à-pic rocheux.
Le procès, tenu à Albi, oppose le procureur Pujol à l’avocat Pourquie. Clémentine Sandral, malgré ses protestations d’innocence, est condamnée à 20 ans de travaux forcés. Les motifs du crime, liés à des dettes et à l’héritage du château, illustrent les tensions familiales et financières de l’époque. Les vestiges, bien que dégradés, restent un lieu chargé d’histoire, entre patrimoine architectural et mémoire judiciaire.
Le site, situé au hameau de Bonneval, à l’écart du centre d’Ambialet, attire aujourd’hui les curieux pour son cadre spectaculaire et son histoire tragique. Les murs encore debout, envahis par la végétation, offrent un aperçu de la grandeur passée de cette demeure seigneuriale, tandis que l’affaire de 1931 continue de nourrir les récits locaux.