Construction du donjon XIIe siècle (≈ 1250)
Édification de la tour rectangulaire centrale, partie la plus ancienne du château.
XIIIe siècle
Construction de la courtine
Construction de la courtine XIIIe siècle (≈ 1350)
Édification de la courtine entourant le donjon.
XIVe siècle
Ajout des mâchicoulis
Ajout des mâchicoulis XIVe siècle (≈ 1450)
Construction des mâchicoulis décorés et du logis seigneurial.
XVIIe siècle
Aménagements des jardins
Aménagements des jardins XVIIe siècle (≈ 1750)
Création des jardins en terrasses et d'une voie carrossable.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (ruines) (cad. F 51 à 55, 139) : classement par arrêté du 2 janvier 1976
Personnages clés
Raymond de Turenne
Propriétaire du château au XVe siècle.
Roi René
Propriétaire du château au XVe siècle.
Gaston de Raousset-Boulbon
Dernier membre notable de la famille propriétaire, connu pour ses aventures en Algérie et au Mexique.
Origine et histoire du Château de Boulbon
Le château de Boulbon, aujourd’hui en ruines, est un ancien château fort médiéval dont les vestiges se dressent sur un roc dominant la commune de Boulbon (Bouches‑du‑Rhône), au 1‑5 rue du Fort. Implanté sur un axe commercial et politique stratégique, il commande la vallée du Rhône à la limite du comté de Provence et du royaume de France. Un château est mentionné dès 1003, mais les architectures visibles datent principalement du XIIIe au XVe siècle. Le domaine a appartenu à de nombreux propriétaires, parmi lesquels Raymond de Turenne et le roi René au XVe siècle. En 1608, la seigneurie de Boulbon est érigée en comté ; en 1784 elle passe à la famille de Raousset‑Boulbon, qui la conserve jusqu’au XIXe siècle. Dès le début du XIXe siècle le château devient inhabitable. Gaston de Raousset‑Boulbon, après avoir dilapidé la fortune familiale, tente de s’installer en Algérie puis participe à la fondation de la République de Sonora dans les années 1850, où il est exécuté. Le dernier comte de Boulbon, Gaston de Raousset, meurt à Boulbon sans descendance directe en 1956. Le château appartient aujourd’hui à la famille de La Vaissière de Lavergne. Les ruines sont classées au titre des monuments historiques par arrêté du 2 janvier 1976.
L’enceinte épouse le contour du rocher et enserre une cour longue et étroite de 45 mètres sur 9 à 15 mètres de large. Au sud se dresse une petite tour‑donjon qui semble avoir davantage joué le rôle de vigie que d’habitat ; la courtine, d’une épaisseur de 1,60 m, entourait ce dispositif défensif. La partie la plus ancienne est vraisemblablement le donjon, tour rectangulaire centrale remontant au XIe siècle. La courtine qui entoure le donjon date du XIIIe siècle, tandis que les mâchicoulis, décorés de motifs trilobés proches de ceux du château de Tarascon, appartiennent au XIVe siècle. Ce n’est qu’à la fin du XIVe siècle que sont construits le logis seigneurial et la grande terrasse côté ouest. Aux XVIIe siècle se développent des jardins en terrasses et une voie carrossable menant au portail nord.
L’ensemble du site est aujourd’hui en ruines, essentiellement en raison des pillages survenus après son abandon. Le donjon comprenait à l’origine quatre niveaux, dont un est encastré dans le rocher. Le logis seigneurial, édifié au XIVe siècle, formait un vaste bâtiment de deux étages sous grenier comprenant environ trente pièces. On observe encore les vestiges d’un escalier à double révolution, visibles depuis l’un des jardins sud, ainsi qu’un buffet d’eau et des décors de rocaille sculptée. Un système d’adduction d’eau élaboré, mis en place à partir d’une source captée au XVe siècle, subsiste : un réseau de tuyaux en terre cuite vernissée amenait l’eau aux bâtiments où elle se déversait dans de petits bassins de décantation ; la goulotte qui abritait ces canalisations est visible sur les restes du logis et le trop‑plein s’écoulait vers des lavoirs situés sous les terrasses. Des travaux d’entretien et de consolidation des murailles, des arches du XVIIe siècle et du fortin sont en cours.
Le site est privé et la visite des ruines est déconseillée pour des raisons de sécurité. Il accueille toutefois ponctuellement des événements festifs, comme des soirées d’illumination des murailles organisées par l’association locale Château‑Boulbon‑Passion.