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Château de Bouloc dans l'Hérault

Hérault

Château de Bouloc

    23B Avenue du Lac
    34260 Ceilhes-et-Rocozels

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1700
1800
1900
2000
1025
Première attestation du fort
1792
Vente comme bien national
XVIIe-XVIIIe siècles
Transformation en résidence
1964
Destruction du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Familles Alban et Promillac - Premiers seigneurs médiévaux Propriétaires du fort dès 1025.
Rosset de Rocozels - Transformateurs du château Rénovent l’édifice aux XVIIe-XVIIIe siècles.
André-Hercule-Marie-Louis de Rosset de Rocozels - Dernier seigneur de Bouloc Émigré pendant la Révolution.
Aimée de Coigny - Duchesse de Fleury Amie de Marie-Antoinette, emprisonnée.

Origine et histoire

Le Château de Bouloc, situé à Ceilhes-et-Rocozels dans l’Hérault, trouve ses origines au haut Moyen Âge. Vers la fin du Xe ou au début du XIe siècle, le Fortiam Bonoloco (« Fort de Bonlieu ») est érigé pour défendre la haute vallée de l’Orb. Attesté dès 1025, il appartient aux familles seigneuriales des Alban et des Promillac. Ce site stratégique marque les débuts d’une occupation militaire et noble dans la région.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’édifice féodal est profondément remanié par les Rosset de Rocozels, devenus Rosset de Rocozels de Fleury. Le château perd son caractère défensif pour adopter une architecture résidentielle, reflétant le statut social de ses propriétaires. Ces transformations en font un symbole de pouvoir local, lié à l’aristocratie languedocienne.

La Révolution française marque un tournant pour le domaine. André-Hercule-Marie-Louis de Rosset de Rocozels, dernier seigneur de Bouloc et duc de Fleury, émigre pour rejoindre l’armée des royalistes. Sa femme, Aimée de Coigny, duchesse de Fleury et proche de Marie-Antoinette, est emprisonnée sous la Terreur. Le château, confisqué comme bien national, est vendu à un fabricant de draps de Lodève en 1792, scellant la fin de son rôle seigneurial.

En 1964, le château est rasé par la Compagnie nationale du Bas-Rhône lors de la création du barrage d’Avène, destiné à maîtriser les crues de l’Orb. Bien que le barrage n’inonde que partiellement les fondations, aucune mesure de préservation n’est retenue. Les piliers du portail du XVIIIe siècle sont sauvés et réinstallés à l’entrée du zoo de Lunaret à Montpellier. Les pierres du château servent à construire le monastère orthodoxe Saint-Nicolas à Joncels en 1965.

Aujourd’hui, l’emplacement du château repose sous le plan d’eau du Taoutas, près du village de Ceilhes. Seule subsiste l’ancienne bergerie, dite « Ferme du Bâtiment », témoin silencieux de ce patrimoine disparu. La destruction de Bouloc illustre les tensions entre modernisation et préservation du patrimoine historique en France au XXe siècle.

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