Origine et histoire du Château de Bourbon-l'Archambault
Le château de Bourbon-l'Archambault, mentionné dès le Xe siècle comme place fortifiée, fut initialement une villa antique appartenant aux Bituriges, puis devint le cœur de la seigneurie de Bourbon. Au XIIe siècle, les sires de Bourbon, dont la lignée des Archambault (IXe au XIIe siècles), transforment le site en une puissante forteresse de pierre, alliant leur pouvoir à celui de Cluny et des Capétiens. Le château, reconstruit en pierre à partir du XIIe siècle, est agrandi sous Philippe Auguste avec des tours rondes à bossages, probablement par Archambaud VIII.
Au XIIIe siècle, le mariage de Mahaut de Bourbon avec Guy II de Dampierre intègre le château à la maison de Bourgogne, puis à la couronne française via Béatrice de Bourgogne et Robert de Clermont (1288). Cette union donne naissance à la maison capétienne de Bourbon. Louis Ier, premier duc de Bourbon, agrandit la forteresse au XIVe siècle, y fondant une sainte chapelle pour abriter des reliques. Le château subit des assauts anglais (1356-1369) et est reconstruit par Louis II, devenant la capitale des ducs jusqu’à son déclin au profit de Moulins.
La tour Qui-qu'en-Grogne, symbole des vestiges actuels, date de la fin du XIIIe siècle et servit de prison. Le château, confisqué par François Ier en 1523, passe aux mains de la couronne puis des Bourbon-Condé au XVIIe siècle. Utilisé comme résidence thermale, il est partiellement détruit pendant la Révolution, ne conservant que trois tours nord. Au XIXe siècle, le duc d’Aumale en hérite et préserve les ruines, avant leur transmission à la fondation Saint-Louis en 1974. Aujourd’hui, le site témoigne de l’histoire féodale du Bourbonnais, avec ses tours cylindriques et ses chapelles disparues.
Classé monument historique dès 1862, le château est aussi célèbre pour inspirer Flamenca, un roman occitan médiéval du XIIIe siècle. Ce texte décrit une intrigue amoureuse se déroulant dans la forteresse, offrant un témoignage littéraire de son architecture et de la vie seigneuriale. Les vestiges actuels, incluant la tour Qui-qu'en-Grogne et ses anneaux de prison, rappellent son rôle défensif et politique, depuis les sires de Bourbon jusqu’à son rattachement à la couronne.
L’histoire du château reflète les mutations du pouvoir féodal en France : des seigneurs locaux (Archambault) aux ducs capétiens, puis à son intégration dans le domaine royal. Son déclin au XVIe siècle, marqué par l’abandon des forteresses médiévales, contraste avec son prestige passé. Les restaurations limitées des Condé et la protection moderne en font un site patrimonial majeur, lié à l’identité historique du Bourbonnais et à la dynastie qui donna son nom à la France.