Origine et histoire du Château de Bourbon-l'Archambault
Le château de Bourbon-l’Archambault est un ancien château fort dont les vestiges se dressent à Bourbon-l'Archambault (Allier) ; il est classé au titre des monuments historiques. Implanté sur un éperon barré dominant la vallée de la Burge, il commande le bourg castral et un réseau de voies anciennes, ainsi qu'un moulin banal établi sur l'étang au pied des murailles. Le site, cité dès 947, succède à une villa antique liée aux Bituriges et à un premier castrum mentionné comme détruit par Pépin; l’établissement a été reconstruit à plusieurs reprises, passant d’une fortification en bois à une enceinte maçonnée depuis le XIIe siècle, dont subsiste un pan de mur près de la tour dite de l'Amirale. La lignée seigneuriale des Bourbon, connue dès Aymar de Bourbon, prit le nom de son chef-lieu et donna plusieurs seigneurs nommés Archambault entre les Xe et XIIIe siècles ; ces seigneurs constituèrent une principauté féodale en s'alliant notamment à Cluny et aux Capétiens. Au cours du Moyen Âge la forteresse fut régulièrement agrandie : des aménagements attribués au XIIe et XIIIe siècle ont doté l’enceinte de tours rondes à bossages, et la reconstruction entreprise après le mariage en 1288 de l'héritière du Bourbonnais avec Robert de Clermont explique l'élévation de grosses tours circulaires datées de la fin du XIIIe siècle. Les transformations se poursuivent sous les ducs de Bourbon ; Louis Ier fonde vers 1315 une « sainte chapelle » pour abriter des reliques, et Jean II reconstruit une Sainte-Chapelle à la fin du XVe siècle. La forteresse subit des sièges et des incendies au XIVe siècle et est remaniée ensuite ; elle comptait alors de nombreuses tours et une grande salle à deux niveaux édifiée vers la fin du siècle. Les chapelles castrales, l’une romane, l’autre gothique, furent endommagées par des orages à la fin du XVIe siècle et en 1641, puis la Sainte-Chapelle fut saccagée en 1793 et ses vitraux détruits. Par mariage, la seigneurie passa aux maisons de Dampierre puis de Bourgogne, et enfin, par l’union de Béatrice de Bourgogne et de Robert de Clermont, à une nouvelle maison de Bourbon de sang royal. Au XVIe siècle le duché fut confisqué au profit de Louise de Savoie puis rattaché au domaine royal ; il connut par la suite plusieurs apanages avant d’être érigé de nouveau en duché pour la maison de Bourbon-Condé au XVIIe siècle. Le château perdit progressivement son rôle militaire et fut en grande partie abandonné; au XVIe siècle il n’était plus habité que par les chanoines desservant les Saintes Chapelles, qui se firent construire deux maisons dans la basse-cour. Sous les Condé, la résidence accueillit des princes et des curistes attirés par les eaux locales ; une partie du château fut incendiée au XVIIIe siècle puis restaurée sans grand décor, hormis l’horloge placée sur la tour Qui-qu'en-Grogne. Pendant la Révolution les biens furent confisqués, le château vendu comme bien national et en partie démoli pour servir de carrière de matériaux ; seules trois tours du front nord et la tour Qui-qu'en-Grogne furent épargnées et certaines tours furent utilisées comme annexe de la maison d’arrêt. Rétabli aux héritiers au retour des princes, le domaine passa au XIXe siècle au duc d'Aumale puis, après diverses successions, à la maison d'Orléans ; un petit musée y fut installé dans les ruines et la conservation du site fut assurée ensuite par la fondation Saint‑Louis créée en 1974. Le bâti actuel occupe une plate-forme rocheuse longue de 180 m sur 50 m ; la défense naturelle était assurée par un étang à l'ouest, des escarpements au sud et à l'est et un profond fossé au nord. Seul le front nord a conservé trois tours cylindriques en appareil à bossages et la courtine qui les relie ; derrière cette ligne de défense se dressaient les bâtiments d'habitation, la chapelle castrale et, séparée par un petit fossé, la longue basse‑cour flanquée de tours rondes, avec à son extrémité sud‑est la grosse tour Qui-qu'en-Grogne. La tour Qui-qu'en-Grogne, transformée et renforcée sous Louis II, s'ouvre depuis la cour de l'ancienne école des filles ; un escalier à vis dessert ses étages et reliait le chemin de ronde, la salle du premier étage conserve des anneaux qui témoignent d'une utilisation carcérale, et le clocheton portant une horloge date du XVIIIe siècle. Le château est classé au titre des monuments historiques depuis la liste de 1862 et la tour Qui-qu'en-Grogne fait l’objet d’un arrêté de protection spécifique.
Description
Edifié sur le rocher qui domine la ville, le château de Bourbon-l'Archambault offre des vestiges saisissants dont la splendeur et le style sont représentatifs de l'architecture militaire des XIIIe et XIVe siècles. Le premier château-fort des sires de Bourbon témoigne de leur puissance. Considéré encore aujourd'hui comme la maison de famille de la Maison de Bourbon, il est le lieu qui voit naître la plus jeune branche de la Maison capétienne à partir du début du XIVe siècle et dont les descendants règneront sur la France de 1589 à 1792 puis de 1814 à 1848.
Visiter le château de Bourbon aujourd'hui (classé Monument Historique depuis 1862), c'est admirer les superbes vestiges (XIIIe-XIVe s.) d'un logis seigneurial et de neuf salles aux décors surprenants. Un panorama sans égal sur la ville et sa campagne attend le visiteur du haut des tours.
Complétez votre visite avec un guide pour découvrir la tour Quiquengrogne de Bourbon (XIVe-XVe s. MH) et la maison de chanoine (XVIe s. MH), où vous plongerez dans l'histoire de la Sainte Chapelle de Bourbon (l'une des onze saintes chapelles de France), desservie par un collège de chanoines jusqu'en 1790. La visite de la tour Quiquengrogne est incontournable pour qui souhaite découvrir un superbe exemple d'architecture militaire tardo-médiévale et faire le lien entre le château et l'agglomération, qu'il surplombait de toute sa puissance.
Trois sites qui se partagent sans compter en famille ou entre amis et qui vous permettront de découvrir un site emblématique du Bourbonnais, d'explorer une page de l'Histoire de France.