Frise chronologique
XIIIe siècle
Origines du premier château
Origines du premier château
XIIIe siècle (≈ 1350)
Construction initiale, aujourd’hui disparue.
1478
Reconstruction par Poncet de Rivière
Reconstruction par Poncet de Rivière
1478 (≈ 1478)
Édification de l’enceinte et du châtelet pour Louis XI.
1494-1499
Rénovation par Pierre de Sacierges
Rénovation par Pierre de Sacierges
1494-1499 (≈ 1497)
Unification des logis et aménagement de la chapelle.
1865
Modifications par Charles Roques
Modifications par Charles Roques
1865 (≈ 1865)
Ajout de trois tours circulaires en façade.
1927
Première protection patrimoniale
Première protection patrimoniale
1927 (≈ 1927)
Inscription partielle à l’inventaire MH.
1986
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1986 (≈ 1986)
Protection des parties anciennes (châtelet, enceinte, chapelle).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château (à l'exception des parties classées) : inscription par arrêté du 12 mai 1927 ; Les parties anciennes : le châtelet, la chapelle, l'enceinte en totalité y compris les vestiges des tours ; les douves (cad. B 298 à 300) : classement par arrêté du 24 septembre 1986
Personnages clés
| Poncet de Rivière - Chambellan de Louis XI |
Reconstructeur du château en 1478. |
| Pierre de Sacierges - Évêque de Luçon et seigneur |
Unifia les logis et aménagea la chapelle (1494-1499). |
| Charles Roques - Architecte du XIXe siècle |
Modifia la façade en 1865. |
| Félix de Crémiers - Maire et restaurateur |
Contribua à la préservation du château et de l’église. |
Origine et histoire
Le château de Bourg-Archambault, situé dans la commune du même nom en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice composite dont les origines remontent au XIIIe siècle. L’essentiel de sa structure actuelle fut érigé à la fin du XVe siècle par Poncet de Rivière, chambellan du roi Louis XI, sur les vestiges d’un château plus ancien rasé. L’enceinte trapézoïdale, flanquée de six tours à canonnières et protégée par des douves, illustre une architecture militaire avancée pour l’époque, avec un châtelet d’entrée autrefois doté d’un double pont-levis et de mâchicoulis. Les éléments défensifs, comme les tours d’angle et les canonnières, reflètent les innovations de la fin du Moyen Âge.
Au XVe siècle, le château fut agrandi sous l’impulsion de Pierre de Sacierges, évêque de Luçon et seigneur des lieux à partir de 1494. Ce dernier réunifia deux logis distincts — l’un résidentiel à l’est, l’autre militaire à l’ouest — en un vaste corps de bâtiment rectangulaire, intégrant une chapelle gothique flamboyante au premier étage d’une des tours. La chapelle, ornée de sculptures fines (pinacles torsadés, gâble en accolade) et d’un pavage en terre cuite émaillée datant de 1494-1499, témoigne du faste artistique de la période. Le décor inclut des motifs végétaux, un animal fantastique, et un autel en marbre noir ajouté au XVIIIe siècle.
Au XIXe siècle, l’architecte Charles Roques modifia la façade antérieure en y ajoutant trois tours circulaires (1865), tandis que des restaurations furent menées par Félix de Crémiers, maire de Bourg-Archambault, qui contribua aussi à la préservation de l’église Saint-Laurent voisine. Classé Monument Historique en 1986 pour ses parties anciennes (châtelet, chapelle, enceinte), le château avait déjà été partiellement inscrit en 1927. Son système défensif, notamment les douves et les tours à mâchicoulis, en fait un exemple remarquable de l’architecture castrale de transition entre Moyen Âge et Renaissance.
Le site est par ailleurs lié à l’histoire locale de la Seconde Guerre mondiale : les maquis de la Vienne y établirent un camp de prisonniers regroupant 600 soldats allemands, russes et hindous à la fin du conflit. Cette dimension historique s’ajoute à son intérêt patrimonial, soulignant le rôle stratégique du château à travers les siècles.
Entouré d’un paysage de bocages et traversé par la rivière Salleron, le château s’inscrit dans un environnement naturel préservé, où les landes et vallées voisines (classées ZNIEFF) abritent une biodiversité rare, comme la Lamproie de Planer. Ce contexte écologique et historique en fait un monument emblématique du patrimoine de la Vienne.