Origine et histoire du Château de Bourguignon-sous-Montbavin
Le château de Bourguignon-sous-Montbavin, situé dans le département de l’Aisne, est une ancienne maison de plaisance construite entre 1828 et 1835 dans un style néo-palladien. Il fut érigé à l’initiative de Jeanne-Rose Boilletot, issue de la bourgeoisie rémoise et laonnoise, sur les fondations d’un vendangeoir du XVIIe siècle. Le domaine, initialement plus vaste, fut partiellement réduit par la construction d’une route au XIXe siècle. Les communs, datés de 1818, et le portail du XVIIIe siècle, vestige de l’ancien vendangeoir, subsistent encore aujourd’hui.
Le château, de plan quadrangulaire en pierre calcaire, présente des façades symétriques à cinq travées et quatre niveaux, inspirées des villas italiennes. Ses intérieurs, bien que partiellement dépouillés, conservent des lambris peints et un escalier en fer forgé. Le parc, aménagé à l’ouest, abrite des essences remarquables comme un tulipier de Virginie et un hêtre pourpre, tandis qu’une chapelle néo-romane, construite en 1922, honore la mémoire des anciens propriétaires.
Classé monument historique en 2004, le château illustre l’architecture des résidences secondaires de la bourgeoisie laonnoise aux XVIIIe et XIXe siècles. Son parc, son portail du XVIIIe siècle, ses communs et sa chapelle font partie des éléments protégés. Le site reflète l’évolution des goûts aristocratiques et bourgeois, mêlant héritage viticole et influence des villas italiennes, dans un cadre campagnard préservé.
La propriété passa entre les mains de plusieurs familles bourgeoises, dont les Ponssin, les Barive et les Hennezel d’Ormois, ce dernier étant un érudit local et maire de Bourguignon. Les caves, sur deux niveaux, témoignent des vestiges du vendangeoir originel, tandis que le cadran solaire, restauré en 1923, et les vitraux de la chapelle ajoutent à son caractère patrimonial.
Aujourd’hui, le château et ses dépendances, dont les communs transformés en gîtes ruraux, offrent un exemple préservé de l’art de vivre bourgeois du XIXe siècle. Son inscription à l’inventaire des monuments historiques souligne son importance architecturale et paysagère, ainsi que son rôle dans l’histoire locale de la région des Hauts-de-France.
Le site, bien que de dimensions modestes, se distingue par son architecture harmonieuse et son parc arboré, reflétant les aspirations romantiques de ses propriétaires. La chapelle, dédiée à sainte Madeleine, et les plaques commémoratives rappellent les grandes familles ayant marqué son histoire, tout en soulignant son ancrage dans le patrimoine rural aisnois.