Origine et histoire du Château de Bournazel
Le château de Bournazel, édifice de la Renaissance situé en bordure du village du même nom en Aveyron, a été élevé au XVIe siècle sur l'emplacement d'une ancienne forteresse médiévale dont deux tours du XIIIe siècle subsistent. Construit par Jean de Buisson au milieu du XVIe siècle, le projet initial, qui prévoyait un plan carré flanqué de quatre tours, est resté inachevé : seules deux ailes assemblées d’équerre et deux tours d’angle ont été réalisées. Le maître maçon Guillaume Lissorgues, dit « le Sourd », familier des modèles italiens et ami de Guillaume Philandrier, participa aux travaux ; sa mort accidentelle sur le chantier arrêta la construction. Les façades du château présentent la superposition des ordres dorique et ionique ; la façade méridionale est divisée en cinq travées avec une baie encadrée de pilastres surmontés d’un fronton et d’une figure. L’escalier principal, en retour, situé à l’extrémité sud de l’aile est, donne accès à de vastes sous-sols voûtés. L’aile nord était destinée aux appartements d’habitation et l’aile est aux grandes salles de réception ; près d’une tour d’angle se trouvaient le cabinet de travail du seigneur et la grande salle des Hommages, reliés par une galerie extérieure menant aux appartements. Pendant la Révolution le château fut pillé et incendié par les villageois, puis, après un abandon, il changea plusieurs fois de mains au XIXe et XXe siècles. Acquis au XIXe siècle par le comte de Marigny, il vit un projet de restauration repoussé, fut déclassé en 1888 puis reclassé monuments historiques en 1942, et devint en 1949 une maison de repos pour les mineurs des houillères de Decazeville. Racheté en 2007 par Gérald et Martine Harlin, le château a fait l’objet d’une restauration visant à restituer son architecture de la Renaissance : reconstruction complète de l’aile est inspirée de Fontainebleau, réédification d’une tour d’angle et restitution de l’escalier monumental ouvrant sur le rez-de-jardin. Les travaux ont permis de retrouver un escalier Renaissance voûté en pierre et de présenter des pièces meublées ornées de peintures, tapisseries, objets d’art et cheminées monumentales. Depuis les restaurations des années 2000-2010, le château abrite une collection de peintures des XVIe et XVIIe siècles, du mobilier Renaissance et une chapelle dont le retable est attribué à Claude Vignon ; des résidences d’artistes y sont organisées et un auditorium de 145 places a été aménagé sous la cour d’honneur. La propriété a reçu le Grand Trophée de la restauration Dassault Histoire et Patrimoine en 2021. L’entrée est marquée par un porche flanqué de deux tours tronquées, vestige de l’enceinte médiévale qui entourait autrefois une emprise bien plus étendue. La galerie, évoquant un arc de triomphe, est l’ancienne façade d’une aile démontée au XIXe siècle, et deux donjons monumentaux s’ouvrent sur la cour d’honneur. Au titre des monuments historiques, le château est classé et le sol des parcelles de l’ancien jardin, avec leurs structures maçonnées et vestiges hydrauliques, est inscrit ; les jardins ont reçu le label « jardin remarquable » en 2018. Le château est ouvert au public d’avril à fin octobre et accueille des groupes toute l’année. Les familles de Mancip puis de Buisson sont étroitement liées à l’histoire du lieu : les Mancip furent seigneurs médiévaux de Bournazel, Charlotte de Mancip, héritière, épousa Jean de Buisson vers 1530, et la famille de Buisson s’illustra ensuite localement, assurant notamment des charges de sénéchal et de gouverneur et recevant le titre de marquis de Bournazel.