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Château de Boursault dans la Marne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style Renaissance

Château de Boursault

    2 Rue Maurice-Gilbert
    51480 Boursault
Château de Boursault
Château de Boursault

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1817
Mariage de Louis de Chevigné et Clémentine Clicquot
1839
Mariage de Marie-Clémentine de Chevigné
15 août 1842
Pose de la première pierre
1848
Achèvement du château
1866
Héritage par la duchesse d’Uzès
1913
Vente du château
1927
Création du champagne Château de Boursault
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Veuve Clicquot - Propriétaire et mécène Finança reconstruction et fêtes somptueuses
Louis de Chevigné - Gendre de la Veuve Clicquot Premier bénéficiaire des fonds pour le domaine
Marie-Clémentine de Chevigné - Héritière et commanditaire Initiatrice de la reconstruction en 1839
Jean Jacques Nicolas Arveuf-Fransquin - Architecte du château Conçut l’édifice et son parc
Anne de Rochechouart-Mortemart - Duchesse d’Uzès Dernière héritière Clicquot à posséder Boursault
Jean-Baptiste-Jules Klagmann - Sculpteur des boiseries Orna salon et salle à manger

Origine et histoire

Le château de Boursault trouve ses origines dans une modeste demeure du début du XIXe siècle, propriété de la famille de Chevigné. En 1817, le mariage de Louis de Chevigné avec Clémentine Clicquot-Ponsardin, fille unique de la Veuve Clicquot, lie le domaine à la célèbre maison de champagne. La riche héritière finance d’abord des réparations avant qu’un projet plus ambitieux ne voie le jour : la reconstruction totale du château.

La décision de bâtir un nouveau château est prise après le mariage, en 1839, de Marie-Clémentine de Chevigné (petite-fille de la Veuve Clicquot) avec le comte Louis de Rochechouart-Mortemart. L’architecte Jean Jacques Nicolas Arveuf-Fransquin, alors engagé sur la cathédrale de Reims, conçoit un édifice de style Renaissance entre 1842 et 1848. La première pierre est posée solennellement par le jeune Paul de Mortemart, fils du couple, en août 1842. Le parc de onze hectares, dessiné par le même architecte, complète ce joyau champenois.

Sous l’impulsion de la Veuve Clicquot, le château devient un lieu de réceptions fastueuses où se croise l’élite régionale. Le rez-de-chaussée, orné de boiseries sculptées par Klagmann et d’une cheminée monumentale en pierre de Bourgogne, rivalise avec les plus beaux châteaux de la Loire. La devise NATIS MATER (une mère à ses enfants), gravée sur la façade, rappelle le don du domaine à sa descendance. Après 1866, la propriété passe à Anne de Rochechouart-Mortemart, duchesse d’Uzès, qui y organise des fêtes somptueuses avant de le vendre en 1913.

Pendant les deux guerres mondiales, le château est transformé en hôpital militaire. Depuis 1927, il abrite une exploitation viticole produisant le Champagne Château de Boursault, unique cuvée à porter l’appellation « château » dans la Marne. Le parc, classé parmi les jardins remarquables, et les vestiges du manoir originel (un corps de logis et une tour près de l’église) témoignent de son histoire bicentenaire.

Une anecdote architecturale lie Boursault à Arcachon : en 1853, Adalbert Deganne, maire de la ville et amoureux éconduit de Marie-Clémentine de Chevigné, y fait construire une réplique réduite du château, aujourd’hui devenue le casino d’été. Ce pastiche Renaissance, avec ses tourelles blanches visibles sur le portrait de la Veuve Clicquot par Léon Cogniet, reste un symbole de l’influence culturelle et viticole de la famille.

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