Frise chronologique
XIIIe siècle
Premières mentions du château
Premières mentions du château
XIIIe siècle (≈ 1350)
Place forte des comtes du Forez
1423
Mariage de Gilbert III de La Fayette
Mariage de Gilbert III de La Fayette
1423 (≈ 1423)
Acquisition par alliance matrimoniale
1462
Achats par Jean II de Bourbon
Achats par Jean II de Bourbon
1462 (≈ 1462)
Installation de sa maîtresse Marguerite
1561
Achat par Guillaume de Gadagne
Achat par Guillaume de Gadagne
1561 (≈ 1561)
Résidence des négociants lyonnais
fin XVe siècle
Construction de l’aile nord
Construction de l’aile nord
fin XVe siècle (≈ 1595)
Par Mathieu de Bourbon, style Renaissance
1995
Rachat par la ville
Rachat par la ville
1995 (≈ 1995)
Restauration et ouverture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Gilbert III Motier de La Fayette - Maréchal de France |
Acquiert le château en 1423 |
| Mathieu de Bourbon - Grand Bâtard, amiral de Guyenne |
Modernise l’aile nord (fin XVe) |
| Guillaume de Gadagne - Négociant lyonnais et sénéchal |
Propriétaire Renaissance, mécène artistique |
| Claude Coignet - Industriel rubanier stéphanois |
Réaménage le château (XIXe siècle) |
| Jean II de Bourbon - Duc de Bourbon |
Y installe Marguerite de Bruant (1462) |
Origine et histoire
Le château de Bouthéon, implanté dans la plaine du Forez à Andrézieux-Bouthéon (Loire, Auvergne-Rhône-Alpes), est mentionné dès le XIIIe siècle comme place forte médiévale. Il permettait de contrôler le fleuve Loire, la plaine et les monts environnants. Propriété des comtes du Forez, il passe ensuite aux mains des familles de Reveux, Chalus, puis Joyeuse au XVe siècle. Son rôle stratégique en fait un enjeu pour les seigneurs locaux, notamment lors des conflits féodaux.
Au XVe siècle, le château devient un lieu de pouvoir et d’alliances : en 1423, Gilbert III Motier de La Fayette l’acquiert par mariage, mais un litige familial oppose les Joyeuse et les La Fayette jusqu’en 1480. En 1462, Jean II de Bourbon y installe sa maîtresse, Marguerite de Bruant, mère de Mathieu de Bourbon, dit le Grand Bâtard. Ce dernier, proche de Charles VIII, modernise le château à la fin du XVe siècle en y ajoutant une aile nord aux emblèmes des ducs de Bourbon et des rois de France.
Au XVIe siècle, le château passe entre les mains de la famille Gadagne, riches négociants lyonnais. Guillaume de Gadagne (1534–1601) en fait sa résidence principale et y accueille artistes et hommes de lettres, marquant son apogée Renaissance. Le domaine reste dans cette famille jusqu’au XVIIIe siècle, avant d’être vendu à des industriels locaux. Au XIXe siècle, Claude Coignet, rubanier stéphanois, le réaménage dans un style néogothique, ajoutant escalier d’honneur et boiseries.
Le XXe siècle voit le château changer de vocation : transformé en hôpital bénévole pendant la Première Guerre mondiale (1914–1915), il abrite ensuite des réfugiés en 1940. Rachété par la ville d’Andrézieux-Bouthéon en 1995, il est restauré et ouvert au public en 2007. Aujourd’hui, le domaine allie patrimoine architectural, parc animalier dédié à la biodiversité domestique, aquarium sur la Loire, et espaces culturels scénographiés.
L’architecture du château reflète ses multiples transformations : l’aile nord, édifiée par Mathieu de Bourbon, conserve des éléments Renaissance, tandis que l’aile sud, plus ancienne, cache les vestiges du donjon médiéval. Les fouilles de 2004 ont révélé un moineau caponnière du XVe siècle, système défensif rare en milieu de douves. Le parc adjacent, avec ses 12 hectares, abrite une ferme forézienne en pisé et des espèces animales locales menacées.
Classé parmi les sites les plus fréquentés de la Loire (50 000 à 80 000 visiteurs annuels), le château de Bouthéon illustre l’évolution des châteaux français, du Moyen Âge à leur reconversion contemporaine. Son histoire mêle stratégies militaires, intrigues familiales et adaptations architecturales, tout en jouant aujourd’hui un rôle clé dans la préservation du patrimoine naturel et culturel forézien.