Origine et histoire du Château de Brancion
Le château de Brancion, situé à Martailly-lès-Brancion en Saône-et-Loire, est un ancien château fort dont les origines remontent au XIIe siècle. Ses vestiges, classés monument historique en 1977, témoignent d’une forteresse stratégique dominant un col entre Cluny et la Saône. Le site, occupé dès l’Antiquité par une forteresse gauloise, devient au Moyen Âge la propriété de la famille Gros de Brancion, connue pour ses batailles et ses conflits avec l’abbaye de Cluny.
Au XIIe siècle, les seigneuries de Brancion et d’Uxelles sont unies sous le contrôle des châteaux de Brancion, Uxelles, Boutavant et Nanton. En 1259, Henri III Gros de Brancion vend ces terres au duc Hugues IV de Bourgogne, marquant le début d’une période ducale de plus de deux siècles. Le château, renforcé par les ducs, devient un lieu clé avec une garnison permanente et un logis nommé « Beaujeu ». À la fin du XIVe siècle, Jean de Charette en est le châtelain.
En 1477, le château entre dans le domaine royal après la mort de Charles le Téméraire. Il est ensuite engagé à des seigneurs comme Jean III de Lugny, comte de Brancion en 1548, puis passe aux mains des Saulx-Tavannes, qui en font un bastion de la Ligue catholique pendant les guerres de Religion. Saccagé en 1594 par les troupes d’Henri IV, le château entre en déclin. Au XVIIIe siècle, il change de mains avant d’être racheté en 1844 par M. de La Roque, puis restauré à partir de 1959 par la famille Murard de Saint-Romain.
Depuis 2005, l’association La Mémoire Médiévale gère la restauration et l’ouverture au public, avec plus de 10 000 visiteurs annuels. Des fouilles archéologiques en 2005 ont révélé des traces d’habitat du VIIIe siècle et des vestiges de l’an mil. Le château, composé de trois enceintes fortifiées, d’un donjon carré et d’un logis seigneurial, reste un témoignage majeur de l’architecture militaire médiévale en Bourgogne.
Aujourd’hui, le site est ouvert au public et participe à la valorisation du patrimoine bourguignon. Il fait partie de la Route des châteaux en Bourgogne du Sud et accueille des animations culturelles. Les travaux de restauration, soutenus par des détenus en fin de peine, visent à préserver ce monument emblématique, classé parmi les quatorze lieux d’exception de la région.