Origine et histoire du Château de Brandon
Le château de Brandon, situé à Saint-Pierre-de-Varennes en Saône-et-Loire, trouve ses origines au XIIe siècle comme poste militaire romain à un carrefour routier. Au XIIIe siècle, une tour fortifiée appartenant aux seigneurs de Brandon puis aux ducs de Bourgogne marque le début de son histoire féodale. En 1365, Robert d'Essertenne en devient le seigneur héréditaire, avant que Philippe II de Bourgogne n'élève le fief en baronnie au XIVe siècle pour Philippe de la Roche, son petit-fils. La structure actuelle reflète ces transformations médiévales, avec une enceinte divisée en basse-cour et cour seigneuriale, flanquée de tours carrées.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, le château change fréquemment de mains : acquis en 1528 par Hugues-Bernard de Montessus après des successions complexes, il subit d'importants travaux sous les familles de Lugny et de Montessus. En 1638, Alphonse de Chaumelis l'achète, mais sa succession déclenche un conflit familial acharné. Au XVIIIe siècle, Jean-Baptiste de la Coste, dernier héritier direct, lègue le domaine à sa nièce Jeanne-Huguette, épouse du marquis Jacques de Beaurepaire. Le logis, abandonné à des fermiers, tombe en désuétude avant d'être restauré vers 1900 par la veuve de Ferdinand de Jouvencel.
Le château est aussi marqué par des événements tragiques, comme l'affaire de l'abbé Delniau en 1624. Accusé de magie noire après avoir tenté de conjurer un prétendu trésor maudit pour Charles de Montessus, ce prêtre est dégradé puis exécuté à Autun. Une chambre du donjon, ornée de symboles occultes et d'une cheminée en forme de tête de bouc, perpétue sa mémoire. Au XIXe siècle, le château passe entre les mains de personnalités politiques, dont Nicolas Tripier (pair de France) et Ferdinand de Jouvencel (président du Conseil d'État), avant d'être transmis à la famille de Masin, actuelle propriétaire.
Classé à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1975 pour ses façades et toitures, le château de Brandon reste une propriété privée fermée au public. Son architecture illustre les évolutions défensives et résidentielles des châteaux bourguignons, tandis que son histoire mêle intrigues familiales, légendes noires et héritages politiques. Les bâtiments agricoles, l'écurie et la tour-porche complètent un ensemble témoignant de sept siècles d'histoire locale, de la féodalité à l'époque contemporaine.