Frise chronologique
1190
Rachat par Raymond V de Toulouse
Rachat par Raymond V de Toulouse
1190 (≈ 1190)
Passage sous contrôle des comtes de Toulouse.
XIIIe siècle
Fortification par les Galard
Fortification par les Galard
XIIIe siècle (≈ 1350)
Mur d’enceinte, palissade et puits ajoutés.
1346 et 1356
Prises anglaises pendant la guerre de Cent Ans
Prises anglaises pendant la guerre de Cent Ans
1346 et 1356 (≈ 1356)
Raids menés par John Chandos.
1609
Érection en comté
Érection en comté
1609 (≈ 1609)
Henri IV anoblit les seigneurs de Brassac.
XVIe siècle
Occupation huguenote et reconstruction
Occupation huguenote et reconstruction
XVIe siècle (≈ 1650)
Logis du XVe remanié, guerres de Religion.
1789
Incendie et rasement partiel
Incendie et rasement partiel
1789 (≈ 1789)
Dégâts révolutionnaires, tours détruites.
1926 et 1979
Protections monument historiques
Protections monument historiques
1926 et 1979 (≈ 1979)
Inscription puis classement officiel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château, à l'exclusion des parties classées : inscription par arrêté du 9 décembre 1926 - Les parties subsistantes du château du XIIe siècle ; les façades et les toitures du logis du XVe siècle (cad. C 350) : classement par arrêté du 9 octobre 1979
Personnages clés
| Raymond V de Toulouse - Comte de Toulouse |
Acheteur du château en 1190. |
| Durand Mercader - Capitaine routier |
Gardien du château pour Raymond V. |
| Richard Cœur de Lion - Roi d’Angleterre |
Occupa brièvement la forteresse. |
| Bertrand de Galard - Seigneur de Brassac |
Renforce les défenses au XIIIe siècle. |
| Jean Chandos - Capitaine anglais |
Prit le château en 1346 et 1356. |
| Henri IV - Roi de France |
Érigea Brassac en comté en 1609. |
| Pierre Chabrié - Député et propriétaire |
Sauva le château en 1891. |
Origine et histoire
Le château de Brassac, mentionné dès le XIIe siècle comme siège d’une baronnie, appartenait initialement à la famille de Planels, vassale du duc d’Aquitaine, avant d’être racheté en 1190 par Raymond V de Toulouse. Ce comte, cherchant à contrer l’influence des seigneurs locaux, confia la forteresse – alors réduite à un donjon entouré de fossés – à Durand Mercader, un capitaine routier. Le château fut brièvement occupé par Richard Cœur de Lion, reflétant les tensions entre les comtes de Toulouse et les rois d’Angleterre pour le contrôle du Languedoc. Après la croisade des albigeois, la seigneurie passa sous la tutelle de l’évêque de Cahors, puis d’Alphonse de Poitiers, avant de revenir à la couronne de France.
Au XIIIe siècle, la famille de Galard, nouvelle propriétaire, renforça les défenses du château en érigeant un mur d’enceinte, une palissade et un puits, tout en oscillant entre allégeance aux rois de France et d’Angleterre. Pendant la guerre de Cent Ans, les Galard, initialement pro-anglais, changèrent de camp après les raids dévastateurs de John Chandos en 1346 et 1356. Le château, symbole de leur pouvoir, fut aussi le théâtre des guerres de Religion au XVIe siècle, lorsque des huguenots s’en emparèrent alors que Jean III de Galard défendait Lauzerte. La seigneurie fut érigée en comté en 1609 par Henri IV, marquant l’apogée de la famille.
La Révolution française marqua un tournant tragique : le château, incendié et partiellement rasé, perdit ses tours et courtines, ne conservant que les soubassements médiévaux et le logis du XVe siècle, épargné malgré les dommages. La famille de Galard, spoliée, parvint à le racheter et à le restaurer avant de le céder en 1891 à Pierre Chabrié, député, dont les descendants sauvèrent l’édifice de la ruine. En 1997, il revint à Gilles de Galard de Béarn de Brassac, descendant des propriétaires historiques. Aujourd’hui classé monument historique (1926 et 1979), il se visite et témoigne de près de neuf siècles d’histoire tourmentée.
Architecturalement, le château se compose d’un quadrilatère de 40 mètres de côté, initialement flanqué de quatre tours rondes (XIIe–XIIIe siècles) dont il ne reste que les fondations. Les murs, épais de 2 à 3 mètres, conservent des meurtrières et canonnières, tandis que le logis du XVe siècle, bâti sur l’emplacement du donjon primitif, abrite un escalier à vis dans une tour polygonale. Les douves, partiellement comblées, étaient franchies par un pont-levis remplacé par un pont de pierre. À proximité, subsistent une motte castrale et des vestiges de fortifications antérieures, rappelant les origines médiévales du site.