Origine et histoire du Château de Bressieux
Le château de Bressieux, édifié à la fin du XIIe siècle par Aymard III sur une motte castrale, succède à une première fortification du XIe siècle attribuée à un seigneur nommé Bornon. Initialement construit en galets roulés, il est reconstruit en briques roses au XIIIe siècle par Aymard VI, qui y ajoute un donjon et agrandit les fossés. Le site, cité en 1207 comme fief relevant de l’Église de Vienne, devient un enjeu stratégique : il passe sous l’hommage des comtes de Savoie en 1317, puis du Dauphin en 1327. À la mort de Geoffrey de Bressieux, le château échoit à Humbert de Grolée après un procès.
Au XVIe siècle, le château accueille François Ier en 1538, marquant son importance politique. La baronnie de Bressieux, l’une des quatre du Dauphiné, est érigée en marquisat par Louis XIII en 1612. Les ruines actuelles, classées monument historique en 1904, révèlent des traces de logis des XIIIe et XVIe siècles, un puits de 20 mètres, et un donjon circulaire de 23 mètres de haut. Le site, fouillé au XIXe siècle et entre 1983–1992, est aujourd’hui ouvert au public et utilisé pour des jeux de rôle.
Le château a appartenu à plusieurs lignées seigneuriales : les Bressieux (jusqu’en 1403), les Clermont, les Grolée (1420–1588), les La Baume de Suze, puis les Valebelle et les Bérard de Gouteffrey jusqu’à la Révolution. Ses vestiges, incluant un châtelet d’entrée flanqué de tours rondes et un fossé sec, dominent la plaine de la Bièvre depuis une colline à 529 mètres d’altitude. Le donjon, accessible par une porte en arc brisé, offre une vue panoramique sur les environs.
Au XXIe siècle, le château sert de décor cinématographique, notamment pour Kaamelott : Premier Volet (2021). Géré par une association de sauvegarde depuis 1981, il illustre l’architecture militaire médiévale et renaissante, mêlant fonctions défensives (archères, herse) et résidentielles (cheminées, fenêtres à coussièges). Son histoire reflète les mutations politiques du Dauphiné, de la féodalité à l’Ancien Régime.