Patrimoine classé
Intérieur du château et parc (cad. B 5, 6, 8 à 10, 14bis, 18 à 34) : inscription par arrêté du 29 octobre 1961 ; Les parties suivantes du domaine du château de Breteuil : les façades et toitures du château, des deux pavillons d'entrée et des deux pavillons d'angle de la cour d'honneur ; les douves ; les façades et toitures de l'ensemble des dépendances (ferme, orangerie, anciennes écuries et maison du jardinier) ; l'ensemble du parc avec sa statuaire et ses éléments architecturés, le pigeonnier et la glacière, y compris le mur de clôture avec les portails et les grilles ; les façades et toitures du pavillon de l'étang ; le sol de toutes les parcelles d'implantation ; le tout situé allée du château, sur les parcelles figurant section B du cadastre, tel que figuré sur les plans annexés à l'arrêté : parcelles n° 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 14, 16, 17, 24, 25, 26, 27, 28, 31, 33, 34, 235, 244, 245, 248, 278, 369, 370, 384, 385, 386, 387, 388, 389, 390, 391, 392, 393, 400 : classement par 16 février 2024
Personnages clés
| Nicolas Le Jay - Propriétaire et bâtisseur |
Transforme le manoir en château vers 1580. |
| Claude Stanislas Le Tonnelier de Breteuil - Aménageur des jardins |
Crée bosquets et potager-verger au XVIIIe siècle. |
| Louis Auguste Le Tonnelier de Breteuil - Ministre de Louis XVI |
Impliqué dans l’affaire du collier. |
| Henry Le Tonnelier de Breteuil - VIIIe marquis, restaurateur |
Modernise le château à la fin du XIXe siècle. |
| Henri-François de Breteuil - Marquis, conservateur |
Ouvre le château au public en 1967. |
| Henri Duchêne - Paysagiste |
Redessine les jardins à la française. |
Origine et histoire du Château de Breteuil
Le château de Breteuil, implanté à Choisel dans les Yvelines, trouve ses origines à la fin du XVIe siècle, sur l’emplacement d’un ancien manoir nommé Bévilliers. La seigneurie, attestée dès 1142, est transformée en résidence aristocratique par Nicolas Le Jay vers 1580, puis acquise en 1596 par Thibault Desportes, Grand Audiencier de France. Le domaine évolue au fil des siècles, passant entre les mains des familles Desportes, Chanteclerc, et Renouard, avant d’être hérité en 1712 par Charles Le Tonnelier de Breteuil, marquant le début d’une lignée ininterrompue jusqu’à aujourd’hui.
Au XVIIe et XVIIIe siècles, le château connaît d’importants aménagements sous l’impulsion de la famille de Breteuil. Claude Stanislas Le Tonnelier de Breteuil (1730-1784) redessine les jardins, ajoutant des bosquets, un potager-verger en terrasses, et un pavillon chinois. Le domaine, lié à des figures comme Gabrielle-Émilie de Breteuil, femme de sciences, ou Louis Auguste Le Tonnelier de Breteuil, ministre de Louis XVI, est mis sous séquestre pendant la Révolution. L’affaire du collier de la reine, où ce dernier arrête le cardinal de Rohan en 1785, illustre son ancrage dans les intrigues de la Cour.
Le XIXe siècle marque une nouvelle phase de transformations : en 1802, Charles de Breteuil récupère le château, et Henry Le Tonnelier de Breteuil, VIIIe marquis, entreprend vers 1900 des travaux majeurs. Les jardins à la française, conférés aux paysagistes Henri et Achille Duchêne, remplacent partiellement les aménagements du XVIIIe siècle. Le domaine devient un lieu de diplomatie, accueillant en 1881 Léon Gambetta et le futur Édouard VII, posant les bases de l’Entente cordiale. Les fossés sont asséchés, les murs de la cour détruits, et deux ailes en retour ajoutées au bâtiment principal.
Au XXe siècle, le château s’ouvre au public en 1967 pour financer sa restauration, initiée par Henri-François de Breteuil et son épouse Séverine. Les intérieurs, meublés de pièces du XVIIIe siècle, abritent des scènes historiques animées par des statues de cire du musée Grévin et des automates inspirés des contes de Perrault. Classé Monument Historique en 1961 pour son intérieur et son parc, puis en 2024 pour l’ensemble du domaine, le site souffre cependant de la pandémie de Covid-19 en 2020-2021, voyant son affluence divisée par deux.
Les 75 hectares du domaine, labellisés « jardin remarquable », se composent d’un jardin à la française symétrique, d’un jardin à l’anglaise nommé « jardin des Princes » en hommage aux liens avec la royauté britannique, et d’un parc romantique aux essences rares. Le labyrinthe, recréé en 2000, rend hommage à un bosquet chimérique du XVIIIe siècle. Le colombier médiéval, l’orangerie, et les étangs complètent ce paysage, où se mêlent histoire, nature et patrimoine architectural.
Le château de Breteuil, toujours propriété de la famille de Breteuil, reste un témoignage vivant de l’histoire française, des guerres de Religion à la Troisième République. Son ouverture au public, ses réceptions, et son rôle dans le cinéma (tournages pour Madame Bovary ou Les Affaires sont les affaires) en font un lieu culturel majeur en Île-de-France, entre mémoire aristocratique et modernité touristique.