Origine et histoire
Le château de Brézé, situé sur la commune du même nom en Maine-et-Loire, trouve son origine dans un château fort mentionné en 1063. Les terres appartiennent aux seigneurs de Brézé depuis le XIe siècle. Le premier château fut détruit et fortifié à nouveau vers 1448-1449 pour Gilles de Maillé-Brézé, qui fit creuser des fossés. Il fut reconstruit au XVIe siècle pour Arthur de Maillé-Brézé, mais peu d'éléments de cette époque subsistent, l'édifice ayant été largement remanié aux XVIIIe et surtout au XIXe siècle. Le corps de logis a été doublé entre 1820 et 1824 ; une lucarne du logement nord-est porte la date de 1694, tandis que le logement nord et le colombier datent du XVIIe siècle. La chapelle Sainte-Catherine, déjà citée au XIIIe siècle dans le donjon et détruite, fut reconstruite au nord-ouest au cours de la première moitié du XVIe siècle et érigée en église paroissiale en 1585 avant d'être de nouveau détruite. Elle fut relevée en 1730 par l'entrepreneur Alexandre Cailleau, puis reconstruite une fois encore en 1855. Le presbytère, mentionné en 1553, a été reconstruit à la fin du XVIIe siècle, remanié de 1728 à 1732 et agrandi au XXe siècle pour accueillir une école privée de filles tenue par des religieuses de Saint-Joseph de Saumur. Le château a fait l'objet d'importants travaux à partir de 1856, achevés en 1896, et René Hodé a entièrement remodelé l'aile latérale et l'aile d'entrée dans un style néo-gothique vers 1855-1864. La date de 1682 apposée sur l'aile d'entrée rappelle l'érection du domaine en marquisat, et les communs, l'ouvrage d'entrée et l'orangerie ont également été remaniés au XIXe siècle. Les dépendances comprennent de vastes communs, des écuries, un fournil, un cellier et des pièces troglodytiques du XVIe siècle, également transformés au XIXe siècle et donnant sur des douves aujourd'hui asséchées. Sous le château et dans les fossés s'étend un réseau troglodytique d'environ quatre kilomètres, comprenant des pièces de la vie quotidienne telles qu'une boulangerie, une glacière, une magnanerie et des écuries, ainsi que des aménagements militaires comme un pont-levis et un chemin de ronde. La partie la plus ancienne du réseau, dite roche de Brézé, est antérieure à 1063 et se situe à neuf mètres sous la cour, avec une configuration en trèfle autour d'un puits de lumière conçue comme refuge. Les fossés, creusés en plusieurs étapes, atteignent aujourd'hui 18 mètres de profondeur; les pierres extraites ont servi à la construction du château et un chemin de ronde souterrain, avec échauguette, ceinture ces fossés. Le domaine a connu une succession de propriétaires : après des transmissions familiales, il fut élevé en marquisat en 1615, transmis par mariage aux Bourbon-Condé puis occupé par des troupes royales en 1653, échangé en 1682 à Thomas de Dreux qui reçut confirmation du titre en 1685, puis transformé au XIXe siècle par les Dreux-Brézé et rendu néo-gothique sous l'impulsion de René Hodé. Par mariage en 1959, la propriété est passée à la famille Colbert du Cannet, qui en est actuellement propriétaire. Le château de Brézé est classé au titre des monuments historiques depuis le 6 mars 1979.