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Château de Bricquebec dans la Manche

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château fort
Manche

Château de Bricquebec

    Place le Marois
    50260 Bricquebec

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 942
Fondation par Anslec
XIe siècle
Construction initiale en pierre
1360
Occupation anglo-navarraise
1364
Reprise par Charles V
XIVe siècle
Reconstruction par Robert VIII Bertran
1450
Restitution à Louis d’Estouteville
XVIe siècle
Abandon pour le château des Galleries
1840
Classement monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Anslec de Bricquebec - Fondateur légendaire Petit-neveu de Rollon, constructeur du premier château.
Robert VIII Bertran - Seigneur bâtisseur Reconstruit le château au XIVe siècle.
Guillaume Paisnel - Baron et capitaine Défendit le château en 1372 contre les Anglais.
Louis d’Estouteville - Baron restaurateur Récupéra le château après 1450.
Charles Auguste de Goyon de Matignon - Dernier seigneur influent Posséda la baronnie au XVIIIe siècle.
Reine Victoria - Visiteuse illustre Séjourna au château en 1857.

Origine et histoire

Le château de Bricquebec, édifié sur une motte castrale dès le Xe ou XIe siècle, fut entièrement reconstruit au XIVe siècle par Robert VIII Bertran, puis remanié au XVIe. Centre névralgique de la baronnie de Bricquebec, il fut l’une des places fortes majeures des ducs de Normandie, contrôlant un carrefour stratégique entre les marais et la côte. Ses vestiges, classés en 1840, illustrent l’évolution de l’architecture militaire médiévale, avec un donjon ondécagonal unique en Europe et une enceinte flanquée de tours.

La fondation du château est attribuée à Anslec de Bricquebec, petit-neveu de Rollon, vers 942. La seigneurie passa aux Bertran au XIe siècle, qui en firent leur résidence principale jusqu’au XIVe. Le château joua un rôle clé pendant la guerre de Cent Ans : occupé par les Anglo-Navarrais en 1360, repris par Charles V en 1364, puis défendu contre les Anglais en 1372. Au XVe siècle, il fut restitué à Louis d’Estouteville après la bataille de Formigny (1450), avant d’être abandonné au XVIe pour un nouveau château plus confortable.

L’enceinte du XIVe siècle, bien conservée, comprend un donjon polygonal de 22 mètres de haut, une tour de l’Horloge (châtelet d’entrée), et des tours rondes ou polygonales. La grande salle romane du XIIIe siècle, aujourd’hui transformée en hôtel, abritait autrefois la salle des chevaliers, ornée de chapiteaux sculptés. Les cachots de la tour de l’Épine et les vestiges de la chapelle canoniale rappellent son usage à la fois résidentiel et défensif. La motte initiale, haute de 18 mètres, supportait probablement une tour maîtresse circulaire, remplacée par le donjon actuel.

Au XVIIe siècle, la baronnie passa aux Orléans-Longueville, puis aux Matignon par mariage. Délaissé, le château fut pillé pendant la Révolution. Au XIXe siècle, ses éléments furent partiellement cédés à la ville, dont le donjon et la tour de l’Horloge, aujourd’hui musée. La reine Victoria le visita en 1857, soulignant son attrait historique. Les fouilles et études récentes révèlent une organisation castrale complexe, avec basse-cour, logis seigneuriaux, et un système défensif adapté aux progrès de l’artillerie.

L’honneur de Bricquebec, lié au château, regroupait quinze paroisses du nord-ouest du Cotentin, formant un réseau féodal cohérent. La baronnie s’étendait sur des terres allant de Bricquebec à Orglandes, avec des fiefs dispersés jusqu’à Honfleur. Ce territoire reflétait l’influence des Bertran, puis des Paisnel et d’Estouteville, qui marquèrent l’histoire normande par leur pouvoir militaire et leur alliance avec la couronne de France ou d’Angleterre selon les époques.

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