Patrimoine classé
Le château et ses dépendances, y compris le châtelet d'entrée, les murs d'enceinte, les fossés, le puits et le pigeonnier (cad. A 27, 36) : classement par décret du 31 juillet 1992 - En totalité, les parties non classées du château avec sa terrasse, les restes de l'ancien parc et du jardin, les anciens communs adjacents et les promenades de la Marquise sur le Grimoudou et de la Gardonnette (cad. Ribagnac A 25 à 37, 43 à 47, 1347, 1348, 1351, 1352 ; Rouffignac-de-Sigoulès A 548, 549, 642, 644, 647, 651, 652, 655 ; Singleyrac A 210 à 212) : inscription par arrêté du 19 septembre 2013
Personnages clés
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| Monluc |
Militaire responsable de la destruction du château en 1568. |
| Henri IV |
Roi de France qui séjourna au château le 30 juillet 1576. |
| Père de Foucauld |
Personnalité religieuse qui séjourna au château en 1911 et 1913. |
| Michel et Catherine Guyot |
Couple acquéreur du château en 2011, responsable de sa restauration et de son ouverture au public. |
Origine et histoire du Château de Bridoire
Le château de Bridoire, situé à l'extrême nord‑ouest de la commune de Ribagnac (Dordogne, Nouvelle‑Aquitaine), occupe un éperon rocheux de confluence limité au nord par la Gardonnette, à l'ouest par le Grimoudou et barré au sud par un fossé sec en arc de cercle. Son origine remonte à un oppidum romain qui contrôlait le franchissement du cours d'eau par la voie dite via Rubana. Le site apparaît dans le cartulaire de l'abbaye de Cadouin en 1150 sous le nom de Buridorium et fait l'objet de mentions documentaires aux XIIe et XIIIe siècles. La construction du château s'est déroulée du XIIe au XIXe siècle et, au cours du temps, il a dépendu de diverses familles seigneuriales, dont les Maureilhac, les Aubeterre, les Roquefort et, aux XVe–XVIe siècles, les alliances avec les Chaumont de Badefols et les Ségur de Pontchapt. Par mariage, Bridoire passe ensuite aux Pardaillan de la Mothe Gondrin. Pendant la guerre de Cent Ans le château servit de repaire pour des pillards; en 1273 il est cité comme Castrum de Bridoira lors d'un hommage au roi d'Angleterre. Lors des guerres de Religion, la place fut occupée par les Protestants en 1560 puis presque entièrement détruite par Monluc en 1568; elle fut reconstruite sous Henri IV, qui y séjourna le 30 juillet 1576, puis de nouveau assiégée et démantelée sur ordre du duc d'Épernon en 1649 avant d'être restaurée ultérieurement. À la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, la propriété change de mains à plusieurs reprises et entre notamment par alliance dans la famille de Foucauld, qui la conserve jusqu'en 1939; le Père de Foucauld y séjourna en 1911 et 1913. Vendu en 1939 à un industriel suisse, le château reste habité jusqu'en 1978, date à laquelle il est acquis par une société sénégalaise dont le gérant est M. Boissier‑Palun; l'édifice subit alors des pillages et un abandon prolongé. Face à la dégradation, le maire de Ribagnac crée en 1989 l'Association de sauvegarde du château de Bridoire ; l'édifice est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1991 et classé par décision d'urgence en 1992. Après de longues procédures et une expropriation décidée par l'État en 2003, des travaux de consolidation sont engagés et des campagnes de mécénat relancent la restauration, notamment celle du pigeonnier. La Cour de cassation confirme définitivement l'expropriation en 2009 ; en 2011 la commission retient le projet du couple Michel et Catherine Guyot, qui acquièrent le château le 13 juillet 2011, entreprennent sa restauration et l'ouvrent au public le 1er juillet 2012. Les travaux se poursuivent et les activités touristiques se développent : plus de 40 000 visiteurs la première année, plus de 90 000 visiteurs cumulés au moment de la troisième saison en 2014, et 66 000 visiteurs en 2022. Le château fait l'objet de protections au titre des monuments historiques, les parties non classées (terrasse, parc, communs et promenades) ayant été inscrites le 19 septembre 2013. Architectoniquement, l'édifice se présente comme deux corps de logis en retour d'équerre, implantés sur un éperon défensif dont les faces nord, sud et ouest sont protégées par l'à‑pic du rocher et l'est séparé du plateau par un fossé autrefois franchi par un pont‑levis, remplacé au XVIe siècle par un pont de pierre à une arche. Une saillie crénelée formait jadis un châtelet qui ouvre sur une cour intérieure fermée par une muraille percée d'un chemin de ronde; au sud, les communs s'intercalent entre ce châtelet et une tour d'angle carrée. Quatre tours rondes à mâchicoulis cantonnent les extrémités des bâtiments et chacune est pourvue d'une petite tourelle d'escalier en encorbellement ou partant du sol; une cinquième tour, de plus grande taille, épaulait l'angle saillant des deux corps de logis. La cour contient un puits doté d'une superstructure en fer et, de l'autre côté de la voie, se dresse un pigeonnier carré à pans de bois, appuyé sur neuf piles rondes en pierre. Aujourd'hui le château restauré accueille le public et constitue un pôle touristique du Bergeracois, tout en restant entouré de parcelles et promenades faisant l'objet de protections et d'aménagements.