Origine et histoire du Château de Brie-Comte-Robert
Le château de Brie-Comte-Robert est fondé à la fin du XIIe siècle par Robert Ier de Dreux, frère de Louis VII, sur un domaine initialement propriété des évêques de Paris. Construit selon un plan carré flanqué de huit tours et entouré de douves, il devient une place forte majeure en Île-de-France. Jeanne d'Évreux, héritière du château par son mariage avec Charles IV en 1328, y mène d'importants travaux d'embellissement, transformant la forteresse en résidence prestigieuse où séjournent les grands seigneurs du royaume, comme les ducs de Bourgogne. La chapelle Saint-Denis, accolée à la tour Saint-Jean, et des jardins d'agrément sont ajoutés sous son égide.
Au XVe siècle, le château passe sous le contrôle du parti bourguignon pendant la guerre de Cent Ans, puis est repris par les Français en 1434. Louis d'Orléans y organise des tournois avant son assassinat en 1407. Les conflits répétés, notamment le siège de 1430 par Humphrey Stafford, endommagent gravement l'édifice. À partir du XVIe siècle, le château est confié à des engagistes comme Louis de Poncher ou Claude de Bullion, mais son entretien se dégrade. En 1649, pendant la Fronde, il est pillé et partiellement détruit par les troupes royales du comte de Grancey, perdant sa tour sud-est.
Au XVIIIe siècle, les tours et courtines sont rasées jusqu'au premier étage en 1750, ne laissant que la tour Saint-Jean. Vendue comme bien national en 1793, la forteresse est transformée en prison pendant la Révolution, puis en propriété privée au XIXe siècle, où la tour Saint-Jean est définitivement rasée en 1879. Rachat par la commune en 1923, le site est classé monument historique en 1925. Depuis 1982, l'association Les Amis du Vieux Château mène des fouilles et restaurations, reconstituant partiellement les courtines et la tour Saint-Jean en 2003, tout en créant un Centre d'interprétation du patrimoine ouvert au public.
Les fouilles archéologiques ont révélé l'architecture originale du XIIe siècle, incluant un logis seigneurial contre les courtines, une grande salle d'apparat (aula) au premier étage, et des communs. Les tours, comme la tour Sud équipée de latrines à chasse d'eau ou la tour Nord servant de réserve, illustrent l'ingéniosité médiévale. Les douves, larges de 15 mètres, et les ponts-levis complétaient le système défensif. Aujourd'hui, le site accueille des événements culturels comme la fête médiévale annuelle et des expositions permanentes sur son histoire.
La restauration suit la charte de Venise, privilégiant l'authenticité des matériaux (moellons de calcaire local) et des techniques. Les carreaux de pavement bicolores estampés aux armes de Jeanne d'Évreux, découverts lors des fouilles, ont été remisés en place. Le chemin de ronde, les courtines remontées à plus de six mètres, et la reconstruction partielle de la tour Saint-Jean offrent une vision tangible de la forteresse originelle. Le château, propriété communale, reste un témoignage majeur de l'architecture castrale médiévale en Île-de-France.