Frise chronologique
1040
Première mention seigneuriale
Première mention seigneuriale
1040 (≈ 1040)
Hélie Flamenc cité dans un acte.
1244
Partition du site
Partition du site
1244 (≈ 1244)
Division entre Haut et Bas-Bruzac.
1404-1405
Libération des Anglais
Libération des Anglais
1404-1405 (≈ 1405)
Reprise par le seigneur d’Albret.
1547
Cession du Bas-Bruzac
Cession du Bas-Bruzac
1547 (≈ 1547)
Jean de Gontrand à Geoffroy de la Marthonie.
1583
Don royal à Duplessis-Mornay
Don royal à Duplessis-Mornay
1583 (≈ 1583)
Henri IV attribue le Bas-Bruzac.
1793
Abandon révolutionnaire
Abandon révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Propriétaires émigrés, carrière de pierre.
1948
Classement monument historique
Classement monument historique
1948 (≈ 1948)
Inscription des ruines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de Bruzac (ruines) : inscription par arrêté du 27 septembre 1948
Personnages clés
| Hélie Flamenc - Premier seigneur de Bruzac |
Cité en 1040 dans donation. |
| Guy Flamenc - Seigneur et donateur |
Mentionné en 1112 et 1143. |
| Geoffroy de la Marthonie - Propriétaire du Bas-Bruzac |
Acquiert le site en 1547. |
| Philippe Duplessis-Mornay - Conseiller d’Henri IV |
Reçoit le Bas-Bruzac en 1583. |
| Jean de Gontrand - Seigneur de Biron |
Ancien propriétaire avant 1547. |
| Henri IV - Roi de France |
Attribue le château à Duplessis-Mornay. |
Origine et histoire
Le château de Bruzac, implanté sur la commune de Saint-Pierre-de-Côle en Dordogne, est un site médiéval marqué par une histoire complexe. Il se compose de deux châteaux distincts, le Haut-Bruzac et le Bas-Bruzac, dont les origines remontent au moins au XIe siècle. Les premières mentions écrites évoquent Hélie Flamenc, premier seigneur connu, qui apparaît en 1040 dans un acte de donation à l'abbaye d'Uzerche. Son fils, Guy, est cité comme donateur au monastère de Vigeois en 1112 et 1143, confirmant l’ancrage seigneurial de la famille Flamenc dans la région.
Au XIIIe siècle, le site est divisé entre deux branches familiales : les vicomtes de Limoges obtiennent le Bas-Bruzac, tandis que les vicomtes de Rochechouart acquièrent le Haut-Bruzac. Cette partition, officialisée en 1244, donne naissance à deux forteresses côtoyant une même vallée. Les conflits de suzeraineté, comme celui opposant les vicomtes de Limoges et de Rochechouart en 1258, illustrent les tensions féodales de l’époque. À la fin du XIIIe siècle, le Bas-Bruzac passe aux mains d’Hélie de Neuville, marquant la fin de la domination directe des Flamenc.
Durant la guerre de Cent Ans, le château est occupé par les Anglais avant d’être repris en 1404-1405 par le connétable de France, le seigneur d’Albret. Au XVIe siècle, le site change plusieurs fois de mains : Jean de Gontrand cède le Bas-Bruzac à Geoffroy de la Marthonie en 1547, avant que le futur Henri IV ne l’offre à son conseiller Philippe Duplessis-Mornay en 1583. La famille de La Marthonie récupère finalement la propriété, qui passe ensuite aux Beynac, puis aux Bonneval et aux Beaumont du Repaire par alliances matrimoniales. Abandonné après l’émigration de ses propriétaires en 1793, le château devient une carrière de pierre, avant que ses ruines ne soient classées monument historique en 1948.
Les vestiges actuels témoignent d’une architecture défensive évolutive, marquée par des reconstructions partielles après les guerres de Religion et un démantèlement progressif à partir du XVIIe siècle. La chapelle gothique, située hors des remparts, et l’entrée principale ouvrant sur une tour flanquant le corps de logis, rappellent l’importance stratégique du site. Les fouilles et études, comme celles menées par Pierre-Henri Ribault de Laugardière en 1878, ont permis de préciser son histoire, bien que certaines périodes, notamment son démantèlement pendant la Fronde (1651-1653), restent hypothétiques.
Aujourd’hui, les ruines du château de Bruzac, inscrites aux monuments historiques, offrent un panorama sur la vallée de la Côle et constituent un témoignage rare des rivalités seigneuriales et des transformations architecturales en Périgord. Le site, ouvert à la visite, permet d’explorer les vestiges des deux châteaux, symboles d’un passé féodal mouvementé entre Limousin et Périgord.