Origine et histoire
Le château de Buoux, implanté dans le massif du Luberon en Provence, trouve ses origines au Moyen Âge, bien que leur attribution reste incertaine. Certains historiens, comme René Bruni, suggèrent un lien avec la famille Bot, descendants de saint Mayeul (abbé de Cluny au Xe siècle), qui auraient possédé les terres de Castellet à Buoux. Cependant, des archives de 1326 confirment la domination des comtes de Forcalquier, notamment Guillaume, sur cette partie du Vaucluse. La construction initiale, datée du XVe siècle, présente un plan en « U » typique de l’architecture médiévale, bien que son emplacement en fond de vallon, près d’une voie de passage, laisse supposer une vocation commerciale ou religieuse antérieure, comme une abbaye.
En 1418, Bérenger de Forcalquier cède le domaine, incluant le château, à son chambellan Lancelot de Pontéves, marquant le début d’une série de transformations majeures. À la fin du XIVe siècle, Ange 1er de Pontevès entreprend un agrandissement ambitieux, ajoutant trois ailes (entrée, réception, appartements) et un passage couvert entre les cours. Son descendant, Gabriel de Pontevès, réaménage au XVIe siècle les façades et les fenêtres des ailes nord et est, tandis que Pompée de Pontevès, vers 1590, modernise l’enceinte et les échauguettes. Les XVIIe et XVIIIe siècles voient des aménagements intérieurs et l’ébauche d’une aile classique, interrompue par la Révolution française après la mort sans héritier de Jean-François Elzéar de Pontavès en 1725.
Le château change plusieurs fois de mains au XIXe siècle : racheté en 1812 par Joseph Louis d’Anselme, il reste dans sa famille jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. En 1945, il est acquis par l’« Œuvre des colonies de vacances de Cavaillon », puis par la commune l’année suivante, avant d’être classé monument historique en 1996. Depuis 1987, le Parc naturel régional du Luberon en est propriétaire. Aujourd’hui, le site accueille un centre de vacances dédié à l’environnement (réseau Léo Lagrange) et un centre régional de sauvegarde de la faune sauvage, tout en faisant l’objet de campagnes de restauration.
L’architecture du château reflète ses multiples métamorphoses : une base médiévale enrichie d’éléments Renaissance (ailes symétriques, façades ornées) et de jardins à la française en terrasses, conçus au XVIIe siècle par Louis de Pontevès. Le parc, initialement aménagé en style classique avec escalier monumental et fontaine, complète cet ensemble. Les bâtiments anciens, à l’est du logis principal, délimitent deux cours intérieures, témoignant des extensions successives. Les travaux actuels, menés par le Parc du Luberon, visent à préserver ce patrimoine hybride, à la fois seigneurial et environnemental.
Les origines du château restent partiellement énigmatiques, oscillant entre hypothèse monastique (lien avec saint Mayeul) et vocation commerciale ou défensive. Les archives médiévales, rares avant le XVe siècle, laissent planer un doute sur sa fonction première. En revanche, son évolution aux époques moderne et contemporaine est mieux documentée, illustrant l’adaptation d’un édifice médiéval aux goûts et besoins des siècles suivants, jusqu’à sa reconversion écologique actuelle.