Origine et histoire du Château de Busca-Maniban
Le château de Busca-Maniban, situé à Mansencôme dans le Gers, fut construit en 1649 par la famille Maniban, une lignée de magistrats en ascension sociale. Ce « petit Versailles gascon », avec sa façade majestueuse ouverte sur des jardins à la française, symbolise l’ambition de Thomas de Maniban, avocat général au parlement de Toulouse. Son portail d’entrée, daté de 1649, marque le début des travaux, achevés sous Louis XIV. L’architecture mêle élégance classique (escalier monumental à rampe en fer forgé, salle « à l’italienne » voûtée) et éléments défensifs anachroniques, comme les ailes crénelées.
Le château s’élève sur l’emplacement d’un ancien château féodal, transformant le site en une résidence seigneuriale typique du XVIIe siècle. Son pigeonnier, caractéristique du Gers, combine deux styles régionaux : une tour rectangulaire (« pied-de-mulet ») surélevée par une structure sur pieds (« hune »), avec des aménagements anti-nuisibles (larmiers intérieurs et extérieurs). La propriété, classée Monument Historique en 1972 pour ses façades, toitures, escalier d’honneur et chapelle, illustre le faste des robins gascons sous l’Ancien Régime.
La famille Maniban, anoblie au XVIIe siècle, gravite autour des parlements de Toulouse et du Languedoc. Jean de Maniban, maître des requêtes, et son fils Thomas († 1652), avocat général, posent les bases de leur influence. Leur petit-fils, Gaspard (1686–1762), président du parlement du Languedoc, consolide leur statut en acquérant la seigneurie de Mansencôme (1674–1736), érigée en marquisat en 1681. Les armes familiales, ornant le fronton côté jardin, mêlent symboles de magistrature et de noblesse, scellant leur légitimité aristocratique.
Le domaine, aujourd’hui propriété privée, conserve des éléments défensifs symboliques (créneaux, salle d’armes) tout en adoptant un parti pris résolument touristique et ostentatoire. La cour d’honneur, encadrée par des ailes asymétriques (l’une ayant disparu), mène à un vestibule voûté éclairé par des fenêtres côté jardin. Ce contraste entre tradition militaire gasconne et modernité versaillaise reflète les tensions de l’époque entre héritage féodal et ambitions courtisanes.
Classé parmi les deux monuments historiques de Mansencôme avec le château médiéval du village, Busca-Maniban incarne la transition entre l’architecture défensive du Moyen Âge et les résidences de plaisir du Grand Siècle. Son pigeonnier, inscrit en 1967, et ses intérieurs (cheminée monumentale, galerie) témoignent d’un savoir-faire artisanal local, tandis que sa chapelle privée rappelle le rôle religieux des seigneurs. Le site, bien que non ouvert au public, reste un marqueur du patrimoine gascon.