Origine et histoire du Château de Busigny
Le château de Busigny, construit au XVIIIe siècle par le baron Jacques de Hannecart, remplaçait un précédent édifice du XIIe siècle détruit par un incendie vers 1755. De style Renaissance, il se composait d’un corps central flanqué de deux ailes terminées par des tours carrées. En 1805, il devint la propriété de l’épouse du général d’Empire Jean Rapp, avant d’être démoli en 1972, à l’exception des deux tours subsistantes, protégées depuis 1978.
Busigny, située dans le département du Nord, était historiquement liée au chapitre de l’église Saint-Géry de Cambrai dès le IXe siècle. Le village, d’abord centré autour du hameau de Malmaison, se déplaça après l’incendie de son église au XVIe siècle. Son développement fut marqué par l’arrivée du chemin de fer au XIXe siècle, faisant de sa gare un nœud ferroviaire majeur entre Paris, Bruxelles et l’Allemagne.
Pendant les deux guerres mondiales, Busigny joua un rôle stratégique en raison de sa gare, cible de bombardements meurtriers en 1940 et 1944. La commune fut aussi un foyer de résistance, avec des réseaux comme le maquis de Mazinghien ou le groupe FTP La Corse, dont plusieurs membres furent exécutés ou déportés. Après-guerre, l’activité économique, autrefois axée sur le textile et l’agriculture, déclina, ne laissant que quelques industries locales.
Les deux tours du château, vestiges du XVIIIe siècle, sont les seuls éléments conservés de cet édifice seigneurial. Elles rappellent l’importance historique de Busigny, entre héritage médiéval, révolution industrielle et conflits modernes. La commune, aujourd’hui rurale, conserve aussi des traces de son passé ferroviaire et résistant, avec des mémoriaux dédiés aux victimes des bombardements et de la répression nazie.
L’église Saint-Médard, construite au XVIe siècle et remaniée aux XVIIIe et XIXe siècles, ainsi que la chapelle Saint-Urbain, liée à une source aux vertus légendaires, complètent ce patrimoine. Ces monuments illustrent la vie religieuse et communautaire de Busigny, entre traditions locales et transformations liées aux guerres et à l’industrialisation.