Origine et histoire du Château de Cabrerets
Le château de Cabrerets, situé sur la commune de Cabrerets dans le Lot, s'élève autour d'une cour et occupe un site dont l'occupation castrale remonte au XIIIe siècle, d'abord aux Barasc puis, dès la seconde moitié du XVe siècle, aux Cardaillac. L'édifice principal, rebâti au début du XVIe siècle par la famille de Gontaud, reste inachevé en raison des guerres de Religion ; des travaux complémentaires ont été réalisés au XVIIe siècle, notamment sur l'aile Est où l'on a plaqué une terrasse à balustres portée par des arcades et posé une charpente en carène. À l'origine défensive, le dispositif comprend au sud un réseau de caves creusées dans le roc et une grosse tour qui sert de jonction aux deux ailes disposées en V ; une seconde tour ronde, au nord‑ouest, abrite un escalier logé dans l'épaisseur du mur. La façade ouest porte la trace de deux campagnes de construction distinctes et conserve des fenêtres moulurées des XVe‑XVIe siècles, tandis que les baies du côté nord sont d'époque XVIIe. Les deux tours devaient être reliées par une courtine et un chemin de ronde, mais des pierres laissées en attente montrent que l'édifice n'a jamais été entièrement achevé. Dans l'aile Ouest, les salles conservent plusieurs cheminées monumentales des XVIe et XVIIe siècles, et la salle à manger abrite deux toiles peintes du XVIIe siècle illustrant des chasses d'inspiration du XVIe siècle. L'extrémité nord de l'aile ouest et la tour nord‑ouest semblent dater des dernières décennies du XVIe siècle, d'après la forme des bouches à feu. Une inscription lapidaire datée de 1309, placée en haut de l'escalier, est désormais considérée comme tardive et aucune maçonnerie n'étaye une datation au début du XIVe siècle. Les analyses dendrochronologiques réalisées sur des bois de la tour sud‑ouest, de la tour d'escalier et de l'aile sud situent l'ouverture du chantier vers 1507, la mise en place de la couverture de la tour sud‑ouest en 1512 et l'achèvement des travaux en 1514‑1515 ; ces résultats concordent avec le décor sculpté, de style proche de 1500 et antérieur aux motifs de la Renaissance. Les Gontaud résident à Cabrerets depuis le XVe siècle ; Antoine de Gontaud aurait échangé en 1439 des possessions du Rouergue contre des terres en Quercy, dont Cabrerets, et des membres de la famille testent encore dans le château neuf au début du XVIe siècle. Raymond de Gontaud, qui teste en 1542 et a épousé en 1514 Françoise de Bonnafous, est traditionnellement associé à la construction du second château, rapprochement que les datations dendrochronologiques rendent plausible. Le château a été pillé pendant la Révolution : les écus armoriés des Gontaud‑Biron ont été martelés, puis la propriété fut divisée et vendue comme bien national ; à partir de 1850 les différentes parts furent progressivement rachetées par des descendants de Joachim Murat, qui entreprirent des restaurations, la tour nord n'étant acquise qu'autour de 1940. Au XVIIIe siècle, les Gontaud résidaient surtout à Biron ; Armand‑Louis de Gontaut Biron, duc de Lauzun et seigneur de Cabrerets, fut député du Quercy aux états généraux, accusé de conspiration et exécuté le 31 décembre 1793, son épouse ayant été guillotinée l'année suivante. Le château a accueilli le musée de préhistoire de Cabrerets de 1934 à 1964, date à laquelle il fut vendu et les collections données à la commune. La tour dite de Marcenac, alors en ruine, a été restaurée et partiellement reconstruite entre 1994 et 1997, et la charpente de la tour sud‑ouest refaite en 2008 ; au milieu du XXe siècle un crénelage récent de l'aile ouest a été remplacé par un étage de comble. Le monument est classé au titre des monuments historiques depuis le 28 novembre 1996 et appartient aujourd'hui, par descendance, à Philippe Sahut d'Izarn.