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Château de Calberte en Lozère

Château de Calberte

  • 48370 Saint-Germain-de-Calberte
Château de Saint-Pierre, 48370 Saint-Germain-de-Calberte, France

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1900
2000
XIe siècle
Début de la construction
1229
Confiscation royale
XIIe siècle
Développement majeur
1265
Accord royal
1307
Acte de paréage
1320
Achat par Raymond de Cadoène
1340
Confiscation pendant la guerre de Cent Ans
1360
Restitution par le traité de Brétigny
1384
Fin du conflit pour la seigneurie
XVe siècle
Abandon du château
1964
Achat par la famille Darnas
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Seigneurs d'Anduze - Propriétaires initiaux Barons de Portes, alliés du comte de Toulouse.
Raymond de Cadoène - Acheteur en 1320 Acquiert le château aux barons de Portes.
Guillaume II Roger de Beaufort - Propriétaire en 1344 Achat après confiscation royale.
Thibaud de Budos - Propriétaire après 1384 Gagnant du conflit judiciaire.
Famille Darnas - Restaurateurs (à partir de 1964) Restauration sur quarante ans.
Isabelle Darnas - Archéologue médiéviste Fouilles et études du château.

Origine et histoire

Le château de Calberte, ou château Saint-Pierre, est un édifice médiéval situé à Saint-Germain-de-Calberte, en Lozère, dans l’ancienne province du Gévaudan. Construit à 410 mètres d’altitude sur un piton rocheux, il surplombe le Gardon et se trouve à environ 1 km au nord-est du village actuel. Son emplacement stratégique en fait un point de contrôle important dans la région des Cévennes.

La construction du château aurait débuté au XIe siècle, mais c’est au XIIe siècle qu’il prend son essor sous la possession des seigneurs d’Anduze, barons de Portes. Ces derniers, alliés au comte de Toulouse, voient leurs biens confisqués par le roi de France en 1229, à l’issue de la croisade des Albigeois. Le château devient alors un enjeu entre l’évêque de Mende et le roi, jusqu’à ce qu’un accord en 1265, suivi d’un acte de paréage en 1307, ne l’attribue définitivement à la couronne. En 1320, Raymond de Cadoène l’achète aux barons de Portes, mais le château reste lié aux vicissitudes de cette seigneurie.

Au XIVe siècle, la seigneurie de Portes change plusieurs fois de mains, notamment entre les familles de Budos et Roger de Beaufort, en raison de leur implication dans la guerre de Cent Ans. Les Budos, originaires de Guyenne et partisans des Anglais, voient leurs terres confisquées en 1340, puis restituées en 1360 par le traité de Brétigny. Une guerre privée oppose ensuite les deux familles jusqu’en 1384, date à laquelle Thibaud de Budos en obtient la possession définitive. Le château, comme beaucoup dans la région, subit probablement les attaques des routiers pendant cette période.

Abandonné au début du XVe siècle pour des raisons inconnues, le château tombe en ruine, tout comme le village médiéval qui lui était adossé, déserté entre la fin du XIIIe et le milieu du XIVe siècle. Ses ruines servent de refuge lors des guerres de Religion et pendant la révolte des camisards. Au XXe siècle, il est connu localement sous le nom de château Saint-Pierre, avant d’être acquis en 1964 par la famille Darnas, qui entreprend sa restauration sur près de quarante ans.

La restauration, menée par la famille Darnas, est un travail titanesque réalisé pendant les vacances scolaires, malgré un accès difficile et un scepticisme initial. Les pierres schisteuses tombées sur place sont réutilisées, et chaque reconstruction est précédée d’une étude minutieuse pour respecter l’architecture d’origine. Seule la tour ronde, trop endommagée, est partiellement reconstruite avec des concessions modernes comme l’usage de ciment. Les fouilles archéologiques, dirigées par Isabelle Darnas, permettent de comprendre l’évolution du château et d’assurer une restauration fidèle.

Aujourd’hui, le château de Calberte est presque entièrement restauré. Ouvert au public en été, il propose des visites payantes qui financent son entretien. Une exposition y présente les travaux de restauration et les résultats des fouilles. Le propriétaire, orfèvre-ciseleur, y expose également ses créations. Le site conserve les traces d’un village médiéval d’une centaine d’habitants, organisé autour d’activités métallurgiques, comme en témoignent les fouilles archéologiques.

Liens externes

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