Origine et histoire du Château de Calmont
Le château de Calmont d'Olt, perché à 535 mètres d'altitude sur un dyke basaltique, surplombe la vallée du Lot et la ville d'Espalion. Son nom, d'origine pré-indo-européenne (calm-), désigne une hauteur dénudée, tandis que « d'Olt » (nom occitan du Lot) le distingue d'autres Calmont en Aveyron ou Haute-Garonne. Ce site stratégique contrôlait la route commerciale Toulouse-Rodez-Lyon et le franchissement du Lot vers l'Aubrac.
Mentionné pour la première fois en 883 sous le nom aice Calvomontensis, il était alors le pôle défensif d'une viguerie carolingienne. La famille seigneuriale des Calmont d'Olt, issue de l'administration carolingienne, s'éteint en 1297 avec Raimond, évêque de Rodez. Le château, adapté aux progrès militaires entre les XIe et XVe siècles, voit son enceinte basse renforcée de huit bastions durant la guerre de Cent Ans (XVe siècle). Après cette période, il est progressivement abandonné au XVIIe siècle au profit de résidences plus confortables dans la vallée.
Le château change plusieurs fois de mains, passant des Calmont d'Olt aux familles Pelet (1298), Castelnau (1315), puis Caylus (1395). Ces seigneurs, souvent impliqués dans les conflits régionaux, y perçoivent des droits de péage et jouent un rôle clé dans la fondation d'institutions locales comme l'hôpital d'Aubrac ou l'abbaye de Bonneval. Pendant la guerre de Cent Ans, Calmont d'Olt est un enjeu stratégique : occupé par les Anglais en 1360, repris par Louis d’Anjou en 1369, puis saccagé par des routiers en 1364. Au XVIe siècle, les Castelnau-Clermont-Lodève en héritent, mais le château décline après 1621, date de l'assassinat d'Alexandre de Castelnau-Clermont à Espalion.
À partir du XVIIe siècle, le château se ruine faute d'entretien. Il est partiellement restauré au XIXe siècle, puis classé monument historique en 1992 après son rachat en 1987 par Thierry Plume. Les fouilles archéologiques de 2006 révèlent des éléments romans (XIe-XIIe siècles), comme une clé de voûte et une triple arcature, confirmant son origine médiévale précoce. Aujourd’hui, le site est géré par une association et propose des animations sur la poliorcétique et la vie médiévale, avec des reconstitutions de machines de guerre.
Architecturalement, le château comprend une enceinte haute avec un donjon de l'an mil, un corps de logis, deux tours, et une enceinte basse du XVe siècle flanquée de huit tours ouvertes à la gorge. Il ne subsiste de la chapelle castrale qu’un pan de mur. Le site, inscrit dès 1943, illustre l’évolution des fortifications du Rouergue, entre vocation militaire, symbole seigneurial et témoin des conflits qui ont marqué la région.