Château de Calvières à Vézénobres dans le Gard

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Calvières à Vézénobres

  • Le Bourg
  • 30360 Vézénobres
Propriété privée

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1628
Destruction du château-haut
Avant 1690
Début de la construction
1690
Mention du compoix
Fin du XVIIe siècle
Construction du second château
Début du XVIIIe siècle
Travaux d'Alphonse de Calvière
1829
Construction du théâtre
1840
Construction de la chapelle
1843
Aménagement du bassin
Milieu du XVIIIe siècle
Transformation majeure
Années 1850
Remodelage du jardin
20 février 1947
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château, avec ses dépendances, le théatre, les pièces d'eau, le château d'eau et la chapelle : inscription par arrêté du 20 février 1947

Personnages clés

Guillaume Rollin Architecte responsable de la transformation du château au milieu du XVIIIe siècle.
Charles-François de Calvière Marquis ayant fait aménager le jardin et le réservoir.
Jacques-Alexis de Calvière Marquis ayant poursuivi les transformations du parc au XIXe siècle.
Alphonse de Calvière Marquis ayant entrepris des travaux au début du XVIIIe siècle.
Duc de Rohan Responsable de la destruction du château-haut en 1628.

Origine et histoire du Château de Calvières

Le château de Calvières, à Vézénobres (Gard), a été commencé avant 1690 puis profondément transformé au milieu du XVIIIe siècle par l'architecte Guillaume Rollin pour le marquis de Calvière, sur l'emplacement d'un ancien prieuré bénédictin. Conçu et réalisé en peu de temps, il constitue un rare et imposant témoin de l'époque Louis XV dans la région. L'édifice présente un corps principal flanqué de deux ailes en retour, prolongées en galeries‑terrasses qui ferment une cour d'honneur. À droite, une galerie à l'italienne et des bâtiments de régie complètent l'ensemble ; en contrebas, des emmarchements encadrent et conduisent à une pièce d'eau. À la droite du bassin, les communs abritent écuries et remises ; face à la régie se trouve un petit théâtre probablement d'époque Louis XV mais fortement restauré au début du XIXe siècle. Au nord, des emmarchements entre murs de soutènement, ornés de niches, mènent au château d'eau. L'intérieur conserve dans l'aile droite une pièce à niches d'angle décorée de tapisseries persannes. L'accès au premier étage se fait par un large escalier qui débouche sur une vaste galerie dont les murs renferment des fragments de stèles et des vestiges romains trouvés dans le voisinage ; cette galerie dessert une enfilade de chambres. Le château actuel succède à un « château‑haut » détruit en juillet 1628 par le duc de Rohan ; un second château, édifié près des ruines du prieuré Saint‑André, est attesté dès la fin du XVIIe siècle. Le compoix de 1690 mentionne notamment une galerie à trois arcades à l'étage noble, un escalier en fer à cheval et des terrasses prolongeant deux ailes. Des travaux ont été entrepris par Alphonse de Calvière au début du XVIIIe siècle, dont des aménagements attestés par le monogramme A.C. sur des fers forgés. Les principaux remaniements datent toutefois des interventions de Guillaume Rollin pour Charles‑François de Calvière, qui fit aussi aménager le jardin en intégrant un réservoir situé de l'autre côté de la voie publique. Rollin créa le pavillon de l'abbé de Boucoiran et son jardin ; le marquis y rassembla une importante collection d'œuvres d'art, vendue ensuite par son fils pour apurer des dettes. Au XIXe siècle, Jacques‑Alexis de Calvière fit poursuivre les transformations du parc en s'inspirant des parcs anglais et des villas italiennes ; le loggia du XVIIe siècle fut converti en portique de style palladien. Divers bâtiments annexes furent ajoutés au XIXe siècle : un petit théâtre (1829), une chapelle (1840), la clôture de l'avant‑cour et l'aménagement du grand bassin (1843), et le jardin fut remodelé dans les années 1850 avec la construction d'un pont permettant de franchir la voie publique. La seigneurie de Vézénobres passa successivement par les familles de Montfaucon, de Lestrange et de Faÿ avant d'arriver aux Calvière, les successions et mariages ayant entraîné de longs litiges entre héritiers. Un procès s'acheva par une transaction le 1er juin 1604, au terme de laquelle la famille de Lestrange‑Hautefort renonça à la baronnie contre le paiement de 18 900 livres. La lignée des Calvière conserva la seigneurie et le château jusqu'au XIXe siècle ; le dernier marquis, dépourvu d'héritier mâle, légua le château à son neveu par alliance, fils d'Alix de Calvière et de René de Pierre de Bernis, à condition que celui‑ci ajoute « Calvière » à son nom. Le château a été inscrit au titre des monuments historiques le 20 février 1947.

Liens externes