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Château de Cambayrac à Castanet dans le Tarn-et-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Tarn-et-Garonne

Château de Cambayrac

    12 Route du Château
    82160 Castanet
Propriété privée
Château de Cambayrac
Château de Cambayrac
Château de Cambayrac
Château de Cambayrac
Château de Cambayrac
Château de Cambayrac
Château de Cambayrac
Crédit photo : Thérèse Gaigé - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers le XIIIe siècle
Construction initiale
XVe siècle (vers 1450–1467)
Fondation du premier logis et de la chapelle
1515
Première mention latine
1585
Agrandissement du logis
XVIe siècle
Rénovation du logis
1672
Reconstruction de la chapelle
1792
Décès de François de Castanet
XVIIIe siècle
Rénovation du logis et de la ferme
2006
Classement Monument Historique
9 juin 2006
Classement monument historique
25 mars 2022
Modification de l'arrêté
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et toitures du château ; en totalité, toutes ses annexes, à savoir les dépendances du château avec leurs murs de clôture et portails, le pigeonnier, les bâtiments et la cour de la ferme, le grenier à grains, à l'exception des intérieurs de la ferme (cad. A1 147, 150, 151, 154) : inscription par arrêté du 9 juin 2006, modifié par arrêté du 25 mars 2022

Personnages clés

Jean de Castanet - Seigneur de Cambayrac (XVe siècle) Fonde la chapellenie en 1467.
Georges de Castanet - Seigneur de Cambayrac (XVIe siècle) Agrandit le logis vers 1585.
Antoine de Castanet - Seigneur (XVIIe siècle) Obtient la reconstruction de la chapelle en 1672.
François de Castanet - Dernier seigneur résident (XVIIIe siècle) Décède en 1792, domaine confisqué.
Pierre d'Armagnac - Ancêtre de la lignée (XIVe siècle) Acquiert la seigneurie par mariage en 1377.
Famille d'Armagnac de Castanet - Seigneurs historiques Propriétaires originels du château.
Chanoine Pierre Gayne - Historien local A analysé l'étymologie de Cambayrac.

Origine et histoire

Le château de Cambayrac, implanté à 3 km à l’ouest du village de Castanet (Tarn-et-Garonne), est un ensemble architectural composite, marqué par des remaniements successifs entre les XVIe et XIXe siècles. À l’origine, il s’agit d’un château fort médiéval lié à la seigneurie de Castanet, propriété de la famille d’Armagnac de Castanet dès le XIIIe siècle. Le site, occupé dès la fin du Moyen Âge, conserve des traces d’un premier corps de logis bâti au XVe siècle, ainsi qu’une chapelle fondée en 1467 par Jean de Castanet, probablement à vocation funéraire familiale. Les transformations majeures interviennent aux XVIe (logis, pigeonnier), XVIIe (chapelle refaite en 1672), XVIIIe (ferme à cour carrée) et XIXe siècles (grenier à grains, aménagements intérieurs).

Le domaine, organisé autour d’un logis rectangulaire accessible par une tour d’escalier hors-œuvre, inclut une chapelle orientée à deux travées, des communs en L, une ferme close, un pigeonnier massif sur arcades (fin XVIe ?), et un grenier isolé. Les matériaux — moellons de calcaire et grès, couvertures d’ardoise, tuiles plates ou lauzes — reflètent les ressources locales. La chapelle, initialement fondée en 1467, est reconstruite en 1672 sous le vocable de l’Assomption, après que Antoine de Castanet ait obtenu de l’évêque de Rodez l’autorisation d’y célébrer des offices, arguant de l’éloignement de l’église paroissiale. Le logis, remanié au XVIIIe siècle après le mariage de François de Castanet avec Catherine de Bérail, voit ses intérieurs réaménagés en salons et chambres, tandis que la ferme est complétée par des bâtiments agricoles.

La Révolution marque un tournant : confisqué comme bien national après l’émigration des héritiers de François de Castanet (décédé en 1792), le domaine est racheté par sa veuve. Au XIXe siècle, le logis subit des modifications intérieures (cheminées en marbre, toiture conique) et le portail de la ferme est daté de 1852. Après une période d’abandon (1978–1998), des restaurations sont entreprises à partir de 2000, mais des travaux en 2013 altèrent irrémédiablement les intérieurs, supprimant cheminées, parquets et cloisons historiques. Classé Monument Historique en 2006 (façades, toitures, et totalité des annexes), le château est aujourd’hui transformé en location meublée, offrant six chambres dans un cadre préservé de 100 hectares.

L’étymologie du nom Cambayrac, attestée sous la forme latine Campus Aerati en 1515 (« Champ d’Aerius »), est jugée fantaisiste par le chanoine Gayne, qui lui préfère une origine gauloise : le nom de personne Cambarius combiné au suffixe -acus, signifiant « propriété de Cambarius ». Le domaine, intrinsèquement lié à la seigneurie de Castanet, passe des mains des Faudoas à celles des Armagnac en 1377, lorsque Pierre d’Armagnac en hérite par mariage. Ses descendants adoptent alors le nom de Castanet, marquant durablement l’histoire du lieu.

Les éléments architecturaux les plus anciens, comme les latrines du XVe siècle ou les baies chanfreinées des communs, témoignent d’une occupation médiévale continue. La chapelle, comparée à d’autres fondations privées de la région (Notre-Dame de Grâce à Lacapelle-Livron, 1472), illustre la piété seigneuriale et le besoin de lieux de culte accessibles. Le pigeonnier, datable de la fin du XVIe siècle, et la ferme à cour carrée, construite par étapes, reflètent l’organisation économique du domaine, entre agriculture, élevage et stockage des récoltes. Les matériaux et techniques (voûtes en berceau, escaliers en vis, maçonneries de moellons) soulignent l’adaptation aux ressources locales et aux besoins fonctionnels.

Aujourd’hui, le château de Cambayrac incarne à la fois un patrimoine architectural préservé et les défis de la conservation. Sa protection au titre des Monuments Historiques couvre l’ensemble des bâtiments (hors intérieurs de la ferme), mais les transformations récentes ont effacé une partie de son authenticité intérieure. Le site, ouvert à la location, perpétue une vocation d’accueil, tout en rappelant les mutations d’un domaine seigneurial devenu exploitation agricole, puis résidence contemporaine.

Liens externes