Origine et histoire
Le château de Cambayrac, implanté à 3 km à l’ouest du village de Castanet (Tarn-et-Garonne), est un ensemble architectural composite, marqué par des remaniements successifs entre les XVIe et XIXe siècles. À l’origine, il s’agit d’un château fort médiéval lié à la seigneurie de Castanet, propriété de la famille d’Armagnac de Castanet dès le XIIIe siècle. Le site, occupé dès la fin du Moyen Âge, conserve des traces d’un premier corps de logis bâti au XVe siècle, ainsi qu’une chapelle fondée en 1467 par Jean de Castanet, probablement à vocation funéraire familiale. Les transformations majeures interviennent aux XVIe (logis, pigeonnier), XVIIe (chapelle refaite en 1672), XVIIIe (ferme à cour carrée) et XIXe siècles (grenier à grains, aménagements intérieurs).
Le domaine, organisé autour d’un logis rectangulaire accessible par une tour d’escalier hors-œuvre, inclut une chapelle orientée à deux travées, des communs en L, une ferme close, un pigeonnier massif sur arcades (fin XVIe ?), et un grenier isolé. Les matériaux — moellons de calcaire et grès, couvertures d’ardoise, tuiles plates ou lauzes — reflètent les ressources locales. La chapelle, initialement fondée en 1467, est reconstruite en 1672 sous le vocable de l’Assomption, après que Antoine de Castanet ait obtenu de l’évêque de Rodez l’autorisation d’y célébrer des offices, arguant de l’éloignement de l’église paroissiale. Le logis, remanié au XVIIIe siècle après le mariage de François de Castanet avec Catherine de Bérail, voit ses intérieurs réaménagés en salons et chambres, tandis que la ferme est complétée par des bâtiments agricoles.
La Révolution marque un tournant : confisqué comme bien national après l’émigration des héritiers de François de Castanet (décédé en 1792), le domaine est racheté par sa veuve. Au XIXe siècle, le logis subit des modifications intérieures (cheminées en marbre, toiture conique) et le portail de la ferme est daté de 1852. Après une période d’abandon (1978–1998), des restaurations sont entreprises à partir de 2000, mais des travaux en 2013 altèrent irrémédiablement les intérieurs, supprimant cheminées, parquets et cloisons historiques. Classé Monument Historique en 2006 (façades, toitures, et totalité des annexes), le château est aujourd’hui transformé en location meublée, offrant six chambres dans un cadre préservé de 100 hectares.
L’étymologie du nom Cambayrac, attestée sous la forme latine Campus Aerati en 1515 (« Champ d’Aerius »), est jugée fantaisiste par le chanoine Gayne, qui lui préfère une origine gauloise : le nom de personne Cambarius combiné au suffixe -acus, signifiant « propriété de Cambarius ». Le domaine, intrinsèquement lié à la seigneurie de Castanet, passe des mains des Faudoas à celles des Armagnac en 1377, lorsque Pierre d’Armagnac en hérite par mariage. Ses descendants adoptent alors le nom de Castanet, marquant durablement l’histoire du lieu.
Les éléments architecturaux les plus anciens, comme les latrines du XVe siècle ou les baies chanfreinées des communs, témoignent d’une occupation médiévale continue. La chapelle, comparée à d’autres fondations privées de la région (Notre-Dame de Grâce à Lacapelle-Livron, 1472), illustre la piété seigneuriale et le besoin de lieux de culte accessibles. Le pigeonnier, datable de la fin du XVIe siècle, et la ferme à cour carrée, construite par étapes, reflètent l’organisation économique du domaine, entre agriculture, élevage et stockage des récoltes. Les matériaux et techniques (voûtes en berceau, escaliers en vis, maçonneries de moellons) soulignent l’adaptation aux ressources locales et aux besoins fonctionnels.
Aujourd’hui, le château de Cambayrac incarne à la fois un patrimoine architectural préservé et les défis de la conservation. Sa protection au titre des Monuments Historiques couvre l’ensemble des bâtiments (hors intérieurs de la ferme), mais les transformations récentes ont effacé une partie de son authenticité intérieure. Le site, ouvert à la location, perpétue une vocation d’accueil, tout en rappelant les mutations d’un domaine seigneurial devenu exploitation agricole, puis résidence contemporaine.
Avis
Veuillez vous connecter pour poster un avis