Origine et histoire du Château de Campagnac
Le château de Campagnac, construit entre les XIVe et XVIe siècles, était initialement situé dans la paroisse de Saint-Martin, près de Sarlat-la-Canéda. Il appartenait à la famille bourgeoise Plamon, influente dans la région, ayant fourni plusieurs consuls à la ville. Son emplacement stratégique en fit une cible pendant la guerre de Cent Ans, notamment en 1348, quand des troupes anglaises s’en emparèrent brièvement avant d’être repoussées par les habitants de Sarlat et le sénéchal du Périgord.
En 1360, le château fut impliqué dans les conflits entre Gilbert de Domme, sénéchal du Périgord, et la ville de Sarlat, allié aux Anglais. Après des négociations, un accord fut trouvé en 1361, mettant fin aux hostilités locales. Le château changea ensuite de mains, passant aux familles Roux de Campagnac puis d'Abzac. Pendant les guerres de Religion, au XVIe siècle, il fut occupé par les protestants et devint un point stratégique dans les affrontements régionaux.
En 1592, le seigneur Jean Roux fut tué en défendant le château contre une attaque. Une partie du domaine fut vendue comme bien national en 1794, puis rachetée par des familles locales. Au XIXe siècle, le château connut plusieurs propriétaires, dont le baron de Dampierre et la famille Watelin, qui y réalisèrent des travaux. Au XXe siècle, il servit brièvement d’orphelinat avant d’être racheté par la commune en 1980 pour éviter son occupation par une communauté bouddhiste.
Aujourd’hui, le château est à l’abandon, malgré des protections partielles au titre des monuments historiques (1998 et 2025). Ses 40 hectares environnants sont utilisés pour des randonnées. En 2025, il servira de décor pour une websérie, tout en attendant une éventuelle restauration, estimée à 2 millions d’euros.
La tour d'escalier, inscrite en 1998, et l’ensemble du château, inscrit en 2025, témoignent de son importance architecturale. Les vestiges du vivier et les pavillons rappellent son passé seigneurial. Malgré son état actuel, le site reste un symbole du patrimoine périgourdin, lié aux tumultes de l’histoire régionale.