Frise chronologique
XIIe siècle
Première mention
Première mention
XIIe siècle (≈ 1250)
Possession des archevêques de Bordeaux.
1432
Destruction du château
Destruction du château
1432 (≈ 1432)
Rasé après reconquête française.
1480-1485
Reconstruction
Reconstruction
1480-1485 (≈ 1483)
Corps de logis et tours érigés.
XVIIe siècle
Litiges et unifications
Litiges et unifications
XVIIe siècle (≈ 1750)
Partages entre familles coseigneures.
1851-1882
Restauration moderne
Restauration moderne
1851-1882 (≈ 1867)
Ajout de pavillons et redessin du parc.
1970
Legs à l’État
Legs à l’État
1970 (≈ 1970)
Don par Gérald de La Borie.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château proprement dit, en totalité ; les dépendances, y compris la maison du jardinier ; le parc ; les clôtures (cad. A 703 à 706, 708) : inscription par arrêté du 5 avril 2001
Personnages clés
| Eblon de Campagne - Coseigneur et lieutenant |
Médiateur et homme de guerre (XIVe). |
| Raymond Ebrard - Coseigneur et défenseur |
Reconquête contre les Anglais (XIVe). |
| Bernard Ier de La Borie - Reconstructeur du château |
Bâtisseur des logis (XVe siècle). |
| Raoul de La Borie - Rénovateur du XIXe siècle |
Modernisation et parc romantique. |
| Gérald de La Borie - Dernier marquis |
Lègue le château à l’État (1970). |
Origine et histoire
Le château de Campagne, situé dans le département de la Dordogne en Périgord noir, est mentionné dès le XIIe siècle comme possession des archevêques de Bordeaux. Au XIVe siècle, la seigneurie est partagée entre quatre coseigneurs, dont Eblon de Campagne, lieutenant du sénéchal du Périgord et médiateur dans des conflits locaux. Le château, alors fortifié, joue un rôle stratégique pendant la guerre de Cent Ans, passant entre les mains des Français et des Anglais. Il est finalement rasé en 1432 sur ordre de Charles VII après sa reconquête.
La reconstruction du château débute au XVe siècle sous l’impulsion de Bernard Ier de La Borie, qui érige un corps de logis flanqué de tours entre 1480 et 1485. Les litiges entre familles coseigneures se multiplient aux XVIe et XVIIe siècles, jusqu’à ce que les La Borie unifient progressivement la seigneurie par des mariages et des achats. Au XVIIIe siècle, d’importants travaux transforment l’édifice, notamment la création d’un grand escalier et la jonction des deux logis principaux. Le château est modernisé une dernière fois au XIXe siècle par Raoul de La Borie, qui ajoute des pavillons et redessine le parc dans un style romantique.
Légué à l’État en 1970 par Gérald de La Borie, dernier marquis de Campagne, le domaine est aujourd’hui propriété du département de la Dordogne. Le château, entouré d’un parc classé « jardin remarquable » et d’une forêt de 337 hectares, est ouvert au public. Il a été inscrit aux monuments historiques en 2001, incluant ses dépendances, son parc et ses clôtures. Son architecture mêle des éléments médiévaux, Renaissance et classiques, témoignant de son évolution sur six siècles.
Le château a été le théâtre de conflits majeurs, comme son occupation par les Anglais au XVe siècle ou son incendie en 1427. Des figures locales, telles qu’Eblon de Campagne ou Raymond Ebrard, ont marqué son histoire par leur engagement militaire ou politique. Les La Borie, famille emblématique du Périgord, ont façonné son apparence actuelle et préservé son héritage jusqu’à son transfert à l’État. Le parc, redessiné au XIXe siècle par le pépiniériste Jean-Jacques Rousseau, complète ce site historique majeur de Nouvelle-Aquitaine.