Origine et histoire du Château de Campan
Le château de Campan, situé à Anglès dans le Tarn, est un édifice dont les origines remontent à avant le XIe siècle. Bâti sur un site stratégique dominant la vallée du Thoré, il était initialement un château fort flanqué de trois tours rectangulaires et entouré de douves taillées dans la roche. La tradition locale évoque une occupation par les Templiers, bien que les preuves manquent. Une tour ronde avec archères et mâchicoulis fut ajoutée avant le XVe siècle pour renforcer sa défense.
Au XVIe siècle, la famille de Citou, avec Guillaume puis son fils Jean-Philippe, entreprend des transformations majeures : disparition de la cour intérieure au profit d’un nouveau logis seigneurial, et construction d’une tour d’escalier remarquable. Le château passe ensuite à la famille de Saïx par mariage en 1636, qui mène deux campagnes d’embellissement au XVIIe siècle, ajoutant des ouvertures sur la façade et une échauguette. Ces travaux, datés de 1666 et 1671, marquent son apogée architectural.
Au XVIIIe siècle, le château échoit à la famille de Bedos, dont Jean-Gaston de Bedos, seigneur de Campan et de Paulignan, et son descendant Henri-Dominique, engagé dans la guerre d’indépendance américaine. La lignée s’éteint au XIXe siècle avec Lucie Dominique de Bedos-Campan. Le château, classé Monument Historique en 1961 pour ses façades et toitures, conserve des traces de son passé militaire (bouches à feu, douves) et résidentiel (cheminées, escalier monumental).
L’architecture du château reflète ses transformations successives : un corps de logis hétérogène flanqué de tours rondes et rectangulaires, des tourelles en encorbellement, et des matériaux variés (gneiss, schiste, grès). Les douves en eau, taillées dans la roche, délimitent toujours son emprise d’origine. À l’intérieur, des fers à chevaux gravés dans les escaliers évoquent encore la légende templière, tandis qu’un linteau daté de 1671 atteste des derniers travaux.
Le domaine inclut également une ferme avec une tour circulaire et des bassins alimentés par des biefs, ainsi qu’une garenne équipée d’un piège à prédateurs. Les fossés, récemment restaurés, et les bouches à feu redécouvertes témoignent des efforts actuels pour préserver ce patrimoine. Le château, ouvert à la visite, offre un exemple caractéristique de l’évolution des édifices castraux en Occitanie, alliant défense médiévale et confort Renaissance.
La première mention écrite du site remonte à 936, dans une charte de donation du comte Raymond III Pons de Toulouse et de son épouse Garsinde. Ce document atteste de l’importance stratégique de Campan, cité parmi les châteaux concédés à l’abbaye de Saint-Pons. Les fouilles et archives suggèrent une occupation bien antérieure, peut-être dès l’Antiquité, en raison de sa position dominante et des vestiges mégalithiques environnants (dolmens, menhir).