Origine et histoire du Château de Caradeuc
Le château de Caradeuc est construit à partir de 1722 par Anne-Nicolas de Caradeuc, procureur au Parlement de Bretagne, sur une colline dominant la vallée de la Rance. Le domaine, initialement conçu comme une résidence de campagne, devient un lieu d’expérimentations agronomiques sous son fils, Louis-René de Caradeuc de La Chalotais, célèbre pour son opposition aux Jésuites. Vendu comme bien national pendant la Révolution, le château est partiellement détruit avant d’être restitué à la famille de Caradeuc au début du XIXe siècle.
Au milieu du XIXe siècle, Raoul de Caradeuc, petit-fils de Louis-René, entreprend une restauration majeure du château et commande à l’architecte paysagiste Lhérault la création d’un parc à l’anglaise, marqué par des allées sinueuses et un lavoir. En 1881, le domaine passe aux mains du comte Alfred de Falloux, puis à la famille de Kernier. Celle-ci confie à Édouard André, architecte-paysagiste renommé, le réaménagement du parc dans un style mêlant jardins à la française et paysages boisés, agrémentés de statues et de monuments inspirés de l’Antiquité.
Entre 1898 et 1900, l’architecte Henri Mellet transforme radicalement l’aspect du château : les toitures des pavillons sont rehaussées à la Mansart, un péristyle monumental est édifié, et un escalier à double révolution est ajouté sur la façade nord. Le parc, enrichi d’éléments architecturaux issus de démolitions (comme les lucarnes du château de la Costardais), devient l’un des plus vastes de Bretagne. En 1950, Jacques de Wailly achève la partie orientale du domaine. Malgré les dégâts causés par la tempête de 1987, le château et son parc, classés monuments historiques, conservent leur atmosphère nostalgique du Grand Siècle.
Le parc de Caradeuc, s’étendant sur 37 hectares, est structuré autour de stations thématiques : les parterres à la française encadrant l’allée d’arrivée, le parterre de Diane dominé par une statue de la déesse, le rond-point des empereurs orné de bustes romains, et des allées dédiées à des figures historiques comme Louis XVI ou Jeanne d’Arc. Des éléments hétéroclites, tels qu’une sphère armillaire sur le mont Affilain (point culminant du parc) ou une grotte artificielle dédiée à la Vierge de Lourdes, témoignent des goûts éclectiques de ses propriétaires. Le domaine, toujours privé, est aujourd’hui protégé pour son architecture, son mobilier statuaire et son paysage exceptionnel.