Frise chronologique
début XVe siècle
Première mention de Carheil
Première mention de Carheil
début XVe siècle (≈ 1504)
Mariage de Jeanne de Carheil et Guillaume Giffart.
14 juillet 1659
Érection en vicomté
Érection en vicomté
14 juillet 1659 (≈ 1659)
Lettres royales enregistrées au Parlement de Bretagne.
1659–1668
Reconstruction style Louis XIII
Reconstruction style Louis XIII
1659–1668 (≈ 1664)
Travaux dirigés par Gilles Corbineau pour les du Cambout.
1842
Achat par le prince de Joinville
Achat par le prince de Joinville
1842 (≈ 1842)
Modernisation du château et construction de la chapelle.
janvier 1945
Destruction par incendie
Destruction par incendie
janvier 1945 (≈ 1945)
Disparition du château, chapelle épargnée.
31 décembre 1980
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
31 décembre 1980 (≈ 1980)
Protection au titre des Monuments Historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle en totalité y compris le décor intérieur (cad. M 1023) : classement par arrêté du 31 décembre 1980
Personnages clés
| Jeanne de Carheil - Héritière médiévale |
Épouse Guillaume Giffart en 1407. |
| Jérôme du Cambout de Coislin - Seigneur et gouverneur |
Acquiert Carheil en 1619, famille propriétaire jusqu’en 1842. |
| René du Cambout - Vicomte de Carheil |
Reconstruit le château (1659–1668). |
| François d’Orléans, prince de Joinville - Propriétaire et modernisateur |
Fils de Louis-Philippe, achète Carheil en 1842. |
| Gilles Corbineau - Architecte |
Conçoit le château Louis XIII pour les du Cambout. |
| Jean-Auguste-Dominique Ingres - Artiste |
Dessins des vitraux de la chapelle (manufacture de Sèvres). |
Origine et histoire
Le château de Carheil, situé à Plessé en Loire-Atlantique, fut initialement un domaine médiéval mentionné dès le XVe siècle. En 1407, Jeanne de Carheil, héritière du lieu, épouse Guillaume Giffart, marquant le début d’une lignée seigneuriale locale. Au XVIIe siècle, la famille du Cambout de Coislin, issue d’une branche noble bretonne, acquiert Carheil et transforme l’ancien château fort en une résidence de style Louis XIII entre 1659 et 1668, sous la direction de l’architecte Gilles Corbineau. La terre est alors érigée en vicomté par lettres royales en 1659.
En 1842, ruiné par les événements de 1832, le domaine est vendu au prince de Joinville, François d’Orléans, fils du roi Louis-Philippe. Ce dernier modernise le château, ajoutant une chapelle aux vitraux conçus par la manufacture de Sèvres d’après des dessins d’Ingres, et une terrasse bordant l’Isac. La propriété change ensuite de mains à plusieurs reprises : rachetée en 1853 par Pauline de Guaita, elle passe à sa fille Adèle de Mesny, puis à la famille Gourlez de La Motte, avant d’être acquise en 1923 par le comte Jacques Armand. Le château, occupé jusqu’en 1945, est finalement détruit par un incendie en janvier de cette année.
Aujourd’hui, le domaine abrite une résidence privée, le Domaine de Carheil, mais la chapelle du XIXe siècle, classée Monument Historique en 1980, reste accessible lors des Journées du patrimoine. Elle constitue le dernier vestige du château reconstruit par le prince de Joinville, témoignant de son héritage architectural et historique. Les vitraux, œuvres d’art remarquables, et l’intégrité du décor intérieur ont motivé cette protection patrimoniale.
Les origines médiévales de Carheil sont liées à des alliances matrimoniales stratégiques, comme celle de Guillaume de Carheil avec Jeanne Spadine en 1511, ou de leur descendant François avec Aline le Bourg en 1555. La famille du Cambout, propriétaire pendant six générations (1619–1842), y exerce une influence majeure, avec des figures comme René du Cambout, gouverneur des châteaux de Rhuys et Suscinio, ou son fils, évêque de Tarbes. Leur déclin financier au XIXe siècle ouvre la voie à la transformation du château par la monarchie de Juillet.
La localisation du château, à 3 km au sud-ouest de Plessé et à 45 km de Nantes, en fait un site isolé dans un domaine forestier. Ce cadre reflète son rôle historique de résidence seigneuriale puis princière, loin des centres urbains. La chapelle, seule structure intacte, symbolise à la fois la piété aristocratique et le faste architectural du Second Empire, grâce aux interventions du prince de Joinville et aux artisans de la manufacture de Sèvres.