Origine et histoire du Château de Castanet
Le château de Castanet, construit au XVIe siècle à Pourcharesses (Lozère), est un monument emblématique de l'architecture cévenole. Son nom, dérivé de l'occitan castanet (« châtaigneraie »), reflète l'environnement boisé de la région. Situé près de la voie Régordane, un chemin médiéval emprunté par les pèlerins, il était aussi traversé par la via Soteirana reliant Mende à Villefort. Aujourd'hui, il surplombe le lac de Villefort, créé après la construction du barrage homonyme.
À l'origine, la terre de Castanet appartenait aux seigneurs pariers de la Garde-Guérin, vassaux de l'évêque de Mende. Au XIIIe siècle, elle était intégrée à la paroisse Saint-Victorin-de-Villefort, dépendante de l'abbaye de Saint-Gilles. En 1550, Robert Brun en devient propriétaire avant de la vendre en 1571 à Jacques d'Isarn de Villefort, qui érige l'actuel manoir l'année suivante. Ce dernier, agrandi par ses descendants, arbore un blason familial sur sa cheminée.
Au XVIIe siècle, le château perd de son importance pour la famille d'Isarn. Jacques Joseph d'Isarn, héritier, épouse Marie Suzanne de Valicourt, marquise de Villefort et sous-gouvernante des enfants de France (1709-1744), notamment chargée de l'éducation de futurs rois comme Louis XV. En 1760, le château est vendu à Jean-Louis Baldit, puis à Victorin Bonnet-Ladevèze en 1784, avant d'être confisqué comme bien national pendant la Révolution.
Au XXe siècle, le château échappe de peu à la destruction lors de la création du barrage de Villefort (1956-1957), sauvé par son inscription à l'inventaire des monuments historiques en 1964. Après un incendie en 2000, il est restauré et rouvre en 2006 pour des visites et expositions, géré par la communauté de communes. Son plan rectangulaire, flanqué de quatre tours dont une barlongue, illustre son rôle défensif historique.
Le château, propriété publique, conserve des éléments architecturaux uniques comme des canonières et une poterne donnant accès à la rivière. Son histoire reflète les dynamiques seigneuriales, religieuses et économiques de la Lozère, entre Gévaudan et diocèse d'Uzès.