Frise chronologique
1159
Première mention historique
Première mention historique
1159 (≈ 1159)
Séjour d'Henri II Plantagenêt pendant la guerre contre Toulouse.
1621
Séjour de Louis XIII
Séjour de Louis XIII
1621 (≈ 1621)
Lors du siège de Montauban pendant les guerres de Religion.
XVIe siècle
Construction des ailes Renaissance
Construction des ailes Renaissance
XVIe siècle (≈ 1650)
Œuvre de Nicolas Bachelier, créneaux et escalier monumental.
1865
Rénovations majeures
Rénovations majeures
1865 (≈ 1865)
Remaniement par le Comte de Cambolas, disposition en U.
1987
Première protection
Première protection
1987 (≈ 1987)
Inscription des façades et toitures des communs.
1992
Classement définitif
Classement définitif
1992 (≈ 1992)
Protection des ailes Renaissance et de leur escalier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Autres façades et toitures du château ; façades et toitures des communs (cad. A 105) : inscription par arrêté du 22 juin 1987 ; Les deux ailes Renaissance (aile du Midi et aile du couchant) , y compris la cage d'escalier et les créneaux (cad. A 105) : classement par arrêté du 31 août 1992
Personnages clés
| Henri II Plantagenêt - Roi d'Angleterre |
Occupa le château en 1159 pendant la guerre. |
| Thomas Becket - Chancelier d'Henri II |
Détruisit partiellement le château avant 1159. |
| Nicolas Bachelier - Architecte toulousain |
Conçut les ailes Renaissance au XVIe siècle. |
| Comte de Cambolas - Propriétaire et rénovateur |
Transforma le château à partir de 1865. |
| Louis XIII - Roi de France |
Séjourna au château en 1621. |
Origine et histoire
Le château de Castelnau-d'Estrétefonds trouve ses origines en 1159, lorsque le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt y séjourna pendant son conflit avec le comte de Toulouse. Le site, initialement possession comtale, fut partiellement détruit par Thomas Becket avant son départ. Au XVIe siècle, Nicolas Bachelier, architecte toulousain renommé, érigea les ailes Renaissance du château, marquées par des créneaux et un escalier monumental. Ces éléments, encore visibles aujourd’hui, témoignent de l’influence artistique de la Renaissance dans le sud-ouest de la France.
Au XVIIIe siècle, le château subit d’importantes transformations sous la direction d’A. de Lescalles, avant d’être profondément remanié à partir de 1865 par le Comte de Cambolas. Ce dernier lui donna son aspect actuel, organisant les bâtiments en U autour d’une cour centrale, fermée par une grille. Le château servit par la suite à des usages variés : prison sous la Révolution, gendarmerie, et même caserne. Son classement comme monument historique en 1992 (après une inscription partielle en 1987) protège aujourd’hui ses façades, toitures, et les deux ailes Renaissance, y compris leur cage d’escalier emblématique.
Le château est indissociable de l’histoire locale, liée aux pèlerinages vers Saint-Jacques-de-Compostelle dès le Xe siècle et aux conflits religieux des XVIe et XVIIe siècles. En 1621, le roi Louis XIII y séjourna lors du siège de Montauban, soulignant son rôle stratégique. Au XIXe siècle, le site perdit progressivement sa fonction défensive pour devenir un lieu de vie communautaire, abritant aujourd’hui la congrégation ‘Notre-Dame du Bon Accueil’. Son architecture reflète ainsi près de neuf siècles d’histoire, des comtes de Toulouse à l’ère industrielle.
Le domaine s’inscrit dans un paysage marqué par le Frontonnais, région viticole entre Garonne et Tarn, où le château servit aussi de symbole de pouvoir seigneurial. Les vestiges des briqueteries du XIXe siècle, comme la cheminée de 45 mètres, rappellent la transition économique de la commune, passée d’une économie agricole (célèbre pour ses artichauts) à un pôle industriel et logistique moderne avec la zone Eurocentre. Ce contraste entre patrimoine historique et dynamisme contemporain caractérise Castelnau-d’Estrétefonds.
Les éléments protégés du château — ailes Renaissance, communs, et créneaux — illustrent l’évolution des techniques architecturales, du Moyen Âge à l’époque moderne. La présence d’un calvaire classé du XVIIe siècle à proximité renforce son ancrage dans le patrimoine religieux local. Aujourd’hui, le château reste un lieu de mémoire, témoignant des transformations politiques, sociales et économiques de la région, de la féodalité à la Révolution industrielle.
Enfin, le château est indissociable du réseau hydrographique local, avec le canal latéral à la Garonne et l’Hers-Mort à proximité. Ces cours d’eau, historiquement vitaux pour le commerce et l’agriculture, ont façonné le développement de Castelnau-d’Estrétefonds. Le monument, désormais propriété privée, continue de jouer un rôle central dans l’identité culturelle de la commune, entre préservation patrimoniale et adaptation aux enjeux contemporains.