Origine et histoire du Château de Castelnau-de-Guers
Le château de Castelnau-de-Guers, situé dans le département de l'Hérault en région Occitanie, surplombe la vallée de l'Hérault. Son origine remonte au moins au Moyen Âge, avec des traces d'occupation humaine dès la préhistoire. Le village actuel s'est structuré autour du Castrum Novum mentionné dès 1069, devenant un fief des barons de Guers dont l’influence marqua durablement le territoire.
Au XIVe siècle, les barons de Guers donnèrent leur nom au village, consolidant leur pouvoir local. Selon la tradition, l’un d’eux participa aux croisades, ajoutant un croissant versé à leurs armoiries en symbole de victoire. La lignée s’éteignit en 1655 avec Henry de Guers, et la baronnie passa à sa demi-sœur Laurence de Veyrac, épouse du marquis de Vins. Leurs successeurs inclurent Charles Emmanuel de Vintimille du Luc, fils naturel de Louis XV, qui émigra en 1790.
Le château, en grande partie détruit pendant la Révolution, abritait autrefois une chapelle Saint-Jean du XIIe siècle. Au XIXe siècle, ses ruines servaient d’exploitation agricole. Aujourd’hui, l’ensemble castral, incluant les sols, est protégé depuis 2012 comme Monument Historique. La chapelle Saint-Jean, l’église gothique Saint-Sulpice (XIIIe-XIVe siècles), et l’ermitage Saint-Antoine (XVIe-XVIIe siècles) témoignent de son riche passé religieux et seigneurial.
Le village médiéval, organisé autour d’un podium central, reflète une typologie urbaine caractéristique du Languedoc. Son histoire est aussi liée à la Voie Domitienne, route romaine bordant le territoire au sud, et au chemin poissonnier à l’est. Des fouilles ont révélé des vestiges antiques, comme une tombe étrusque du VIe siècle av. J.-C., exposée en mairie.
Castelnau-de-Guers, commune rurale de 1 208 habitants (2023), conserve un patrimoine naturel remarquable, avec deux ZNIEFF (zones naturelles d’intérêt écologique) et un climat méditerranéen marqué. Son économie, historiquement viticole, s’appuie aujourd’hui sur 58 exploitations agricoles (2020), contre 117 en 1988, illustrant les mutations rurales contemporaines.