Frise chronologique
988–990
Première mention du château
Première mention du château
988–990 (≈ 989)
Cité comme *castrum novum* sous Oliba Cabreta.
1018
Création de la vicomté
Création de la vicomté
1018 (≈ 1018)
Guillaume Ier devient vicomte de Castelnou.
1286
Prise par Jacques II de Majorque
Prise par Jacques II de Majorque
1286 (≈ 1286)
Siège lors de la croisade d’Aragon.
1299
Restitution par le traité d’Argelès
Restitution par le traité d’Argelès
1299 (≈ 1299)
Retour au vicomte Jaspert V.
1321
Fin de la vicomté
Fin de la vicomté
1321 (≈ 1321)
Suppression après la mort de Jaspert V.
1876–1897
Restauration par Ernest de Satgé
Restauration par Ernest de Satgé
1876–1897 (≈ 1887)
Transformation néomédiévale et réhabilitation.
1981
Incendie du château
Incendie du château
1981 (≈ 1981)
Endommagement avant rachat public.
2018
Acquisition par le département
Acquisition par le département
2018 (≈ 2018)
Rachat pour 1 euro symbolique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Oliba Cabreta (v. 920–990) - Comte de Cerdagne et Besalú |
Premier seigneur lié au château (988). |
| Guillaume Ier - Premier vicomte de Castelnou |
Fonda la vicomté en 1018. |
| Jacques II de Majorque - Roi de Majorque |
Prit le château en 1286. |
| Jaspert V - Dernier vicomte de Castelnou |
Rendit le château en 1299. |
| Ernest de Satgé (1823–1899) - Restaurateur du château |
Réhabilita le site (1876–1897). |
Origine et histoire
Le château de Castelnou, mentionné dès 988-990 sous le nom de castrum novum, fut édifié sur le territoire d’un ancien château (Castro Camelas, cité en 941). Il devint le siège du pouvoir comtal de Besalú en Vallespir, sous l’autorité d’Oliba Cabreta (v. 920-990), comte de Cerdagne et Besalú. À sa mort, le château fut transmis à ses fils, Bernard Taillefer (comte de Besalú) et Guifred II (comte de Cerdagne), marquant le début de son rôle central dans la vicomté de Castelnou.
En 1018, Guillaume Ier, délégué du comte de Besalú, prit le titre de vicomte de Castelnou, étendant son autorité sur le Vallespir et ses forteresses (Pontellà, Cameles, Corbera, etc.). Le château resta la résidence vicomtale jusqu’en 1286, date à laquelle il fut pris par Jacques II de Majorque lors de la croisade d’Aragon. Restitué en 1299 par le traité d’Argelès, il changea plusieurs fois de mains avant d’être vendu à la famille de Llupia (XIVe–XVIIIe siècles), puis abandonné et partiellement démantelé.
Au XIXe siècle, Ernest de Satgé (1876–1897) entreprit une restauration majeure, ajoutant des éléments néomédiévaux (fenêtres, crénelages) et rendant le château habitable. Après un incendie en 1981, il fut racheté en 2018 par le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales pour 1 euro symbolique. Des travaux de mise en sécurité devraient permettre sa réouverture au public, mettant en valeur son architecture hybride (Xe–XIXe siècles) et son histoire vicomtale.
Architecturalement, le château adopte un plan pentagonal irrégulier, avec des remparts épais (3 m) datant partiellement du Xe siècle, renforcés aux XIe–XIVe siècles. La grande salle (n°5), peut-être ancienne chapelle Saint-Pierre (citée en 1020), illustre la superposition des styles : bases en schiste médiéval, fenêtres gothiques (XIIIe), et ajouts du XIXe. Les communs et écuries, reconstruits au XIXe siècle, complètent l’ensemble, tandis que les remparts, initialement dépourvus de tours, reflètent une poliorcétique primitive.
La vicomté de Castelnou, supprimée en 1321, laissa place à une succession de propriétaires (Fenouillet, Bérenger de Castelnou) avant son déclin. Le château, utilisé comme carrière de pierres aux XVIIe–XVIIIe siècles, incarne aujourd’hui un patrimoine catalan marqué par les conflits médiéaux (Majorque, Aragon) et les restaurations romantiques. Son acquisition récente vise à préserver ce témoin de l’histoire féodale du Roussillon.