Origine et histoire du Château de Castelnoubel
Le château de Castelnoubel, situé sur un promontoire au-dessus du vallon du Mondot près de Bon-Encontre, trouve ses origines au XIIIe siècle, bien que le site ait été occupé dès le Xe ou XIe siècle. Initialement propriété de la famille de Marmande, il fut cité en 1270 dans un serment de fidélité à la baylie de Puymirol. Arnaud de Marmande, premier seigneur connu, est mentionné en 1268 pour des conflits avec des seigneurs voisins. La famille, fidèle aux rois d’Angleterre, perdit le château au XIVe siècle au profit des Durfort, après des luttes juridiques et militaires avec les consuls d’Agen.
Les Durfort, famille influente de l’Agenais, reconstruisirent et agrandirent le château aux XIVe et XVe siècles. Arnaud de Durfort, allié tantôt aux Anglais, tantôt aux Français, obtint en 1351 la juridiction haute et basse sur Castelnoubel. Le château fut ruiné en 1472 lors des révoltes des comtes d’Armagnac, puis reconstruit par François de Durfort à la fin du XVe siècle. Les conflits avec les consuls d’Agen, revendiquant des droits sur les terres environnantes, se poursuivirent jusqu’au XVIe siècle, marqués par des procès et des transactions matrimoniales pour conserver la seigneurie.
Au XVIe siècle, le château passa entre les mains de plusieurs familles par héritages et ventes, dont les Montpezat, les Raffin de Hauterive, et les Secondat (famille de Montesquieu). Jean-Baptiste de Secondat, président au parlement de Bordeaux, en fut propriétaire avant de le vendre vers 1700 à Louis Pascault de Poléon. La Révolution épargna le domaine, mais il fut finalement vendu en 1817 à Pierre Loubat, puis à la famille des Écherolles. Au XIXe siècle, des aménagements néogothiques furent ajoutés, et le château devint un lieu de retraite pour des figures religieuses et caritatives, comme l’évêque Meignan.
Le château de Castelnoubel illustre les tensions politiques et militaires de l’Agenais, tiraillé entre les couronnes de France et d’Angleterre. Son architecture mêle des éléments défensifs médiévaux (tours rondes, archères) à des ajouts Renaissance (galeries à croisées d’ogives). Classé monument historique en 1966, il témoigne des stratégies seigneuriales et des alliances familiales qui ont façonné l’histoire locale du XIIIe au XIXe siècle.
Les sources archéologiques et textuelles soulignent son rôle de refuge pendant les guerres, ainsi que son importance symbolique pour les populations environnantes. Les conflits avec les consuls d’Agen, récurrents du XIVe au XVIe siècle, révèlent les enjeux de pouvoir entre seigneurs locaux et institutions urbaines. La transmission du château par héritages, mariages et ventes reflète aussi les dynamiques sociales de la noblesse agenaise, entre fidélité monarchique et intérêts territoriaux.