Patrimoine classé
Les façades et toitures des deux pavillons d'entrée et du château avec leurs colonnades ; la colonnade ellipsoïdale en partie effondrée ; la salle à manger avec son décor à l'antique ; la galerie décorée par Picasso (cad. B 561) : classement par arrêté du 4 novembre 1983 - L'ensemble du sol du domaine avec les fabriques, en totalité (cad. B 4, 6, 7, 13, 16, 512, 513, 540, 561 à 563, 567, 610, 612, 713, 729, 736, 773, 863 à 865, 873) ; les façades et les toitures de la ferme et des chapelles (cad. B 514, 517, 545, 717, 746, 761, 762) : inscription par arrêté du 30 juin 2006
Personnages clés
| Gabriel-Joseph de Froment, baron de Castille - Propriétaire et maître d’œuvre |
Transforma le château au XVIIIe siècle |
| Douglas Cooper - Collectionneur d’art moderne |
Propriétaire en 1950, invita Picasso |
| Pablo Picasso - Artiste invité |
Créa des dessins gravés en 1962 |
| Paul Grousset - Ancien propriétaire |
Acheta le château en 1924 |
Origine et histoire du Château de Castille
Le château de Castille, situé à Argilliers dans le Gard, est à l’origine une bastide du XVIIe siècle. Il est profondément transformé à la fin du XVIIIe siècle par Gabriel-Joseph de Froment, baron de Castille, qui y ajoute des éléments néoclassiques inspirés de ses voyages en Italie, comme des colonnades et des fabriques ornant un parc à l’anglaise. Le baron, passionné d’architecture, érige des temples monoptères, des kiosques et des cénotaphes, créant un ensemble paysager éclectique reflétant ses goûts esthétiques et ses voyages européens.
En 1794, le château est pillé et la bibliothèque incendiée pendant la Révolution, tandis que le baron est emprisonné. Libéré après Thermidor, il consacre les décennies suivantes à restaurer son domaine, ajoutant des colonnes et des fabriques jusqu’en 1815. Après sa mort en 1826, le parc tombe en ruine, et une partie des fabriques est vendue ou disparaît. Le château change de mains au XXe siècle : racheté en 1924 par Paul Grousset, puis en 1950 par Douglas Cooper, qui y installe une collection d’art moderne et invite Pablo Picasso à y créer des œuvres éphémères.
Classé Monument historique en 1983 pour ses façades, toitures, colonnades et décors antiques, le château de Castille est un témoignage des influences néoclassiques et des jardins pittoresques du XVIIIe siècle. Ses campagnes de restauration successives, notamment à partir de 1962, visent à préserver ce patrimoine architectural et paysager unique, bien que certaines fabriques aient disparu. Aujourd’hui, le domaine reste un exemple remarquable de l’éclectisme artistique post-révolutionnaire en Languedoc.
Le baron de Castille, figure centrale de l’histoire du château, était un voyageur érudit, membre de loges maçonniques et de sociétés savantes comme les Neuf Sœurs ou l’Harmonie de France. Ses correspondances avec la comtesse d’Albany et ses écrits révèlent une fascination pour les colonnes et les architectures antiques, inspirant les transformations du château. Son héritage architectural, marqué par des références à Rome, Pompéi et même la place Saint-Pierre, en fait un site à la croisée des courants artistiques européens.
Argilliers, commune rurale des gorges du Gardon en Occitanie, est marquée par un climat méditerranéen et un patrimoine historique riche, incluant aussi l’aqueduc de Nîmes. Le château de Castille, avec son parc et ses fabriques, illustre l’évolution des goûts aristocratiques entre Lumières et Restauration, tout en reflétant les bouleversements politiques de la Révolution. Son classement et ses restaurations soulignent son importance dans le patrimoine régional.