Frise chronologique
1521
Mariage fondateur
Mariage fondateur
1521 (≈ 1521)
Marguerite de l’Isle épouse Pierre de Nogaret.
1525-1535
Construction du château
Construction du château
1525-1535 (≈ 1530)
Réédification attribuée à Pierre de Nogaret.
1658
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction
1658 (≈ 1658)
Aile sud détruite puis rebâtie.
1839
Acquisition par Castelbajac
Acquisition par Castelbajac
1839 (≈ 1839)
Armand de Castelbajac hérite du domaine.
1901
Restauration majeure
Restauration majeure
1901 (≈ 1901)
Toiture en ardoise et façade restaurée.
1943
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1943 (≈ 1943)
Protection officielle du château.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Partie du parc du château délimitée sur le plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 17 avril 1947 ; Le château avec le bâtiment des communs renfermant notamment les écuries (cad. A 178, 179) : classement par arrêté du 30 mai 1984
Personnages clés
| Pierre de Nogaret - Seigneur de La Valette |
Commanditaire présumé du château (1525-1535). |
| Jean-Louis de Nogaret de La Valette - Duc d’Épernon |
Né à Caumont, favori d’Henri III. |
| Nicolas Bachelier - Architecte attribué |
Paternité débattue pour le château. |
| Armand de Castelbajac - Propriétaire au XIXe siècle |
Ajoute un décor *troubadour* en 1839. |
| Gaston de Castelbajac - Restaurateur (fin XIXe) |
Remplace tuiles par ardoises vers 1900. |
Origine et histoire
Le château de Caumont, situé à Cazaux-Savès dans le Gers, est un monument emblématique de la Renaissance française, construit entre 1525 et 1535 sur les vestiges d’un château fort du XIIe siècle ayant appartenu à Gaston Fébus. Son architecture mêle des éléments défensifs médiévaux (tourelles hexagonales, pavillons d’angle) et des influences Renaissance, comme les façades en pierre et brique ou la coursière sculptée. Le site, stratégique à la frontière des comtés de Comminges et de l’Isle-Jourdain, fut transformé par Pierre de Nogaret, seigneur de La Valette, après son mariage avec Marguerite de l’Isle en 1521. L’attribution à l’architecte Nicolas Bachelier reste débattue, certains éléments stylistiques suggérant plutôt une réalisation par son fils, Dominique, dans la seconde moitié du XVIe siècle.
Un incendie en 1658 détruisit l’aile sud, reconstruite dans un style classique plus marqué, avec bossages et travées rythmiques. Au XIXe siècle, le château fut embelli par la famille de Castelbajac : Armand y ajoutait un décor troubadour au rez-de-chaussée (1839), tandis que son fils Gaston restaurait le corps de logis principal vers 1900, remplaçant les tuiles par des ardoises. Le parc, aménagé par Sophie de La Rochefoucauld, intègre des essences rares (cèdres du Liban, palmiers) et une glacière du XIXe siècle. Classé Monument Historique en 1943, le château reste propriété de la famille de Castelbajac, malgré un drame en 2014.
Le château est indissociable de la famille Nogaret de La Valette, dont Jean-Louis, duc d’Épernon (né à Caumont), fut un favori d’Henri III et compagnon d’Henri IV. La seigneurie, puissante, influença l’architecture régionale, comme en témoigne le château de Cadillac, inspiré de Caumont. Les sous-sols voûtés et les communs (écuries, basse-cour) rappellent son rôle de résidence seigneuriale active jusqu’au XXe siècle. Aujourd’hui, le domaine, ouvert au public, participe aux Rendez-vous aux jardins et préserve un patrimoine à la fois militaire, résidentiel et paysager.
Surnommé le « château de la Belle au bois dormant » pour sa silhouette de brique rouge et ses toitures d’ardoise émergent d’une futaie, Caumont doit aussi son surnom de « château des légendes » à son histoire romantique et tragique. La restauration entreprise par Jean et Michèle de Castelbajac dans les années 1980 permit son ouverture au public, avant leur disparition brutale en 2014. Le parc, classé en 1984, abrite un chêne quadricentenaire et un système d’irrigation historique (détruit dans les années 1960), reflétant l’innovation agronomique du XIXe siècle.