Origine et histoire du Château de Chabenet
Le château de Chabenet, situé au nord du village de Chabenet en rive gauche de la Creuse, est construit sous Louis XI par Josselin du Bois, seigneur de Montmorillon, entre 1460 et 1471. Il est achevé en 1471 avec des fossés de 15,50 mètres de large et 14 tours. Ce château médiéval, typique de l’architecture défensive du XVe siècle, devient un symbole de pouvoir local.
En 1544, Jean du Bois, petit-fils de Josselin, est condamné à mort pour enlèvement et se réfugie chez Aubert de Montjohan, qui en profite pour acquérir le château. En 1585, il passe aux mains de la famille protestante des Pierre-Buffière, barons de Prunget et Tendu, et reste propriété protestante jusqu’en 1735. Pendant les guerres de Religion, il est partiellement démantelé par Richelieu en 1635.
Lors de la Révolution, le château n’est pas vendu comme bien d’émigré, mais ses occupants, Louis Vincent et Marie Charlotte, sont emprisonnés. Marie-Louise Marthe, sœur de Marie Charlotte, y réside jusqu’en 1794 sous surveillance. En 1802, le domaine est partagé entre les sœurs héritières, puis vendu en 1809 à Thomas-Louis-Benjamin de Poix, qui le transmet à son fils en 1814.
Au XIXe siècle, le comte Louis-Thomas Benjamin de Poix, maire de Saint-Marcel et administrateur du chemin de fer Paris-Orléans, restaure le château sur les conseils d’Eugène Viollet-le-Duc en 1850. À sa mort en 1878, il lègue le domaine à sa nièce Joséphine de Boisé, dernière héritière d’un vaste territoire de 2 077 hectares incluant forêts, fermes et autres châteaux.
En 1924, à la mort de Joséphine de Boisé, le château est transmis à ses héritiers adoptifs, les marquis de Nicolaï et d’Armaillé, déclenchant un procès pour succession. Inscrit aux monuments historiques en 1927, il change plusieurs fois de mains au XXe siècle : racheté par un charcutier parisien, puis par Louis Willème en 1940, qui y cache des œuvres du Louvre pendant la guerre.
Dans les années 1980, Philippe Marec restaure le château pour en faire un centre culturel, mais la crise de 1991 stoppe le projet. Aujourd’hui, il appartient au groupe suisse Hapimag, qui y exploite un hôtel et organise des événements. Son parc de plusieurs hectares, ses terrasses naturelles et son histoire riche en font un lieu emblématique du patrimoine berrichon.