Origine et histoire du Château de Chabert
Le château de Chabert, rebaptisé château de Boën, est un édifice néoclassique construit entre 1779 et 1786 à Boën-sur-Lignon, dans le département de la Loire. Commandé par Jacques-Marie Punctis de la Tour, seigneur de Boën, il est conçu par l’architecte italien Michel Dal Gabbio. Ce château est le dernier édifié avant la Révolution française dans la région Rhône-Alpes, marquant ainsi la fin d’une époque architecturale et sociale sous l’Ancien Régime.
En 1934, la commune de Boën-sur-Lignon acquiert le château, qui connaît ensuite des usages variés : caserne, école primaire, cantine scolaire et siège d’associations entre 1940 et 1970. À partir de 1977, une restauration majeure est entreprise, parallèlement à la création de l’association Le Château de Boën, dédiée à l’histoire et à l’archéologie locale. Le site est classé monument historique en 1943, et ses éléments extérieurs (cour d’honneur, pavillons, grille) sont inscrits en 1989.
Le château abrite depuis 2002 le musée de la Vigne, devenu en 2011 le Musée des Vignerons du Forez. Labellisé Tourisme et Handicap en 2003, il illustre l’histoire viticole régionale. Son architecture néoclassique, inspirée de modèles bourguignons comme l’Hôtel Bouhier de Dijon, inclut des décors intérieurs de style Louis XVI, dont une salle voûtée et une rotonde à coupole. Des vestiges de l’ancienne maison forte médiévale subsistent dans le pavillon sud-est.
Avant sa reconstruction au XVIIIe siècle, le site abritait une maison forte attestée dès 1380, propriété successive des familles de Damas, Lévis, Rivoire, et Camus d’Yvourt. En 1779, Jacques-Marie Punctis de la Tour, dernier seigneur de Boën, ordonne sa démolition partielle pour ériger le château actuel. Les travaux, marqués par des difficultés (désistement du plâtrier Anthoine Zanis en 1781), s’achèvent en 1786. Le château reste dans la famille Punctis puis passe aux Chabert avant son rachat par la commune.
L’édifice combine des matériaux locaux, comme l’andésite pour les balustres de l’escalier en fer à cheval, et des techniques architecturales italiennes. La cuisine, située à l’étage de soubassement, est couverte d’une voûte à huit arêtes, tandis que le salon à l’italienne, dit la rotonde, est surmonté d’une coupole. L’inventaire révolutionnaire de 1794 mentionne des murs tendus d’indiennes et un poêle en faïence dans la salle à manger, témoignages du luxe d’origine.
Après des décennies de dégradations (incendie en 1960), une campagne de restauration entre 1980 et 1984 permet de sauver le bâtiment. L’association Le Château de Boën, dissoute en 2016, a joué un rôle clé dans sa valorisation patrimoniale. Aujourd’hui, le château allie patrimoine architectural et muséographie dédiée à l’histoire viticole du Forez, tout en restant un symbole de l’héritage seigneurial et révolutionnaire de la région.