Frise chronologique
1304
Legs du duc Jean II
Legs du duc Jean II
1304 (≈ 1304)
Jean du Chalonge mentionné dans un testament.
XIIIe siècle
Première mention de la seigneurie
Première mention de la seigneurie
XIIIe siècle (≈ 1350)
Olivier du Chalonge cité en 1253 et 1277.
1480
Reconstruction du château-fort
Reconstruction du château-fort
1480 (≈ 1480)
Olivier du Breil et ses 800 livres de revenus.
Fin XIVe siècle
Passage aux du Breil
Passage aux du Breil
Fin XIVe siècle (≈ 1495)
Roland du Breil devient seigneur du Chalonge.
1573-1580
Apogée des du Breil
Apogée des du Breil
1573-1580 (≈ 1577)
Rolland chevalier de l’ordre du Roi, mariage avec Françoise de Boislehou.
Fin XVIe siècle
Rénovation Renaissance
Rénovation Renaissance
Fin XVIe siècle (≈ 1695)
Rolland du Breil modernise le logis.
1895
Restauration par les Ruinart de Brimont
Restauration par les Ruinart de Brimont
1895 (≈ 1895)
Mariage d’Albertine de Kerhoënt et Pierre-Henri-Rémy Ruinart.
4 février 1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
4 février 1926 (≈ 1926)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de Chalonge (cad. C 299) : inscription par arrêté du 4 février 1926
Personnages clés
| Olivier du Chalonge - Chevalier (XIIIe siècle) |
Premier seigneur mentionné en 1253 et 1277. |
| Jean du Chalonge - Héritier (début XIVe siècle) |
Cité dans le testament du duc Jean II (1304). |
| Roland du Breil (1370–1469) - Écuyer, seigneur du Chalonge |
Acquiert le fief fin XIVe siècle. |
| Olivier du Breil (XVe siècle) - Seigneur et reconstructeur |
800 livres de revenus en 1480. |
| Rolland du Breil (XVIe siècle) - Chevalier de l’ordre du Roi |
Rénove le château en style Renaissance. |
| Françoise de Boislehou - Épouse de Rolland du Breil |
Fille d’un chevalier de l’ordre du Roi. |
| Albertine de Kerhoënt - Propriétaire (XIXe siècle) |
Restaure le château avec son époux. |
| Pierre-Henri-Rémy Ruinart de Brimont - Époux restaurateur (1895) |
Projet inachevé de reconstruction. |
Origine et histoire
Le château de Chalonge, situé à Trévron en Bretagne, est un monument hybride associant une tour fortifiée du XVe siècle en granite et un logis de la seconde Renaissance (XVIIe siècle) orné de calcaire des Faluns. La tour, partiellement remaniée, conserve des éléments défensifs comme un chemin de ronde et des mâchicoulis, tandis que la façade Renaissance, accolée à la tour, se distingue par ses lucarnes à frontons triangulaires, ses corniches et ses souches de cheminées richement sculptées. Ce contraste architectural illustre l’évolution du site, passé d’une forteresse médiévale à une résidence aristocratique modernisée.
La seigneurie de Chalonge est attestée dès le XIIIe siècle avec Olivier du Chalonge, chevalier mentionné en 1253 et 1277 dans des actes liés au prieuré de Léhon. Son fils Jean, cité en 1304 dans le testament du duc Jean II de Bretagne, porte un sceau aux six molettes d’éperon. Au XIVe siècle, le fief passe à la famille du Breil : Roland du Breil (1370–1469) et son fils Olivier, dont les 800 livres de revenus en 1480 soulignent l’importance féodale du domaine. La reconstruction du château-fort à cette époque marque l’apogée de leur pouvoir, symbolisé par la tour subsistante.
À la fin du XVIe siècle, Rolland du Breil, chevalier de l’ordre du Roi et guidon de la noblesse de Saint-Malo, entreprend un réaménagement ambitieux du château. Les modifications incluent des baies rectangulaires élargies, des lucarnes ornées d’ordres antiques, et des cheminées en calcaire des Faluns, reflétant son statut social élevé. Ses armoiries (un lion d’argent sur fond azur, entouré du collier de Saint-Michel) ornent les façades, aux côtés de celles de son épouse Françoise de Boislehou, fille d’un autre chevalier de l’ordre du Roi. Ces transformations coïncident avec l’ascension militaire et courtisane des du Breil.
La Révolution française marque un tournant : les blasons de la façade sont martelés, effaçant partiellement l’héritage des du Breil. Au XIXe siècle, Albertine de Kerhoënt et Pierre-Henri-Rémy Ruinart de Brimont, mariés en 1895, restaurent le château sans achever leur projet de reconstruction de l’aile gauche. Leurs armes (losangé d’argent et de sable pour elle ; chevron d’or et cœur d’argent pour lui) figurent toujours au-dessus de la porte d’entrée. Classé monument historique en 1926, le château témoigne aujourd’hui de sept siècles d’histoire, des chevaliers médiévaux aux familles nobles de la Renaissance et de l’époque moderne.